vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2321969 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | LENGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2023, M. D A, représenté par
Me Lengrand, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une date de rendez-vous pour lui permettre de déposer une demande de délivrance de titre de séjour sur le fondement de sa vie privée et familiale et lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État (préfet de police) une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le dispositif mis en place par le préfet de police a pour effet de priver les usagers de l'accès aux services publics, dès lors que la prise de rendez-vous par mail constitue l'unique accs pour l'administré de voir sa situation examinée, et que les dysfonctionnements du système mis en place constituent une rupture dans la continuité du service public ; qu'il est maintenu en situation irrégulière depuis une durée anormalement longue, ce qui l'expose à un risque d'éloignement et impacte sa vie privée et familiale ainsi que son insertion professionnelle ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu'il se trouve privé de toute voie de droit permettant de faire examiner sa demande de titre de séjour et est maintenu dans une situation de précarité ;
- cette situation méconnaît les dispositions de l'article R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.
3. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant sénégalais, né le
31 décembre 1980, a sollicité par courriel du 4 avril 2023 un rendez-vous, au moyen de la messagerie dédiée mise en place par la préfecture de police, et a relancé le préfet de police sur sa situation à quatre reprises. Toutefois, d'une part M. A ne justifie pas avoir demandé un rendez-vous au moyen du service dédié, et d'autre part, ne donne aucune précision sur sa situation actuelle, se bornant à faire état de ce qu'il est entré en France le 11 juillet 2012. De là, M. A, qui n'a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation que plus de dix ans après son arrivée en France et s'est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période, et qui, pour justifier l'urgence à obtenir une mesure du juge des référés, se borne à faire valoir que l'impossibilité actuelle dans laquelle il se trouve d'obtenir un rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour porte atteinte à sa situation privée et professionnelle, ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.
4. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, qui n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, et à Me Claire Lengrand.
Fait à Paris, le 6 octobre 2023.
La juge des référés,
V. C B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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