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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2321974

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2321974

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2321974
TypeDécision
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des observations, enregistrées les 22 juin et 21 juillet 2023, sous le n°2314770, M. B, représenté par le cabinet Hug et Aboukahter, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de police, au directeur général de l'Office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) et au ministre de l'intérieur de lui délivrer un rendez-vous auprès de la direction générale des finances publiques dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au directeur général des finances publiques de régulariser le paiement de la taxe d'enregistrement de son visa de long séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer et d'instruire la demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente, une attestation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors le blocage administratif de son dossier et l'absence de diligence de la préfecture le place en situation irrégulière, qu'il ne peut pas travailler et qu'il ne peut pas obtenir de logement social ;

- la mesure est utile dès lors qu'elle constitue l'unique voie pour obtenir la régularisation de son dossier de demande de titre de séjour qu'il attend depuis deux ans ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par une lettre, enregistrée le 23 juin 2023, le directeur régional des finances publiques a informé le tribunal que la requête relevait de la compétence du préfet de police.

Par un mémoire, enregistré le 26 juin 2023, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut à ce qu'il soit mis hors de cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un courrier en date du 20 octobre 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, la décision à intervenir était susceptible de se fonder sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y avait plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné, sous astreinte, d'enjoindre au préfet de police, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et au ministre de l'intérieur de lui délivrer un rendez-vous auprès de la direction générale des finances publiques, sur les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné, sous astreinte, d'enjoindre au directeur général des finances publiques de régulariser le paiement de la taxe d'enregistrement de son visa de long séjour, et à celles tendant à ce qu'il soit ordonné, sous astreinte, d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer et d'instruire sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français, dans la mesure où, le 7 août 2023, M. B s'est acquitté en ligne d'un nouveau timbre fiscal électronique de 200 euros permettant la rectification de son visa long séjour valant titre de séjour, et que, le 17 octobre 2023, il a été convoqué à la préfecture de police pour déposer son dossier au vue de l'examen de sa demande de titre de séjour pour le 24 octobre suivant.

II. Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2023, sous le n°2321974, M. B, représenté par le cabinet Hug et Aboukhater, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfecture de police de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français et de lui remettre, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé, dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour le place dans une situation irrégulière, qu'il ne peut pas travailler et qu'il est placé dans une situation de vulnérabilité physique et psychologique ;

- la mesure est utile dès lors qu'après acquittement d'un timbre fiscal d'un montant exact, elle est la seule voie dont il dispose afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer dans la présente requête, au motif que le requérant a été convoqué le 24 octobre 2023 à un rendez-vous afin de déposer son dossier de titre de séjour et qu'un récépissé lui sera délivré sous réserve de la complétude de son dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissante comorien, né le 9 avril 1986, est entré en France le 4 juin 2020 muni d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", conjoint de français, valable jusqu'au 18 mars 2021. Il a commis une erreur dans l'enregistrement de son visa au moment de l'acquittement de la taxe d'enregistrement. M. B demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police, au ministre de l'intérieur et au directeur général de l'OFII de lui délivrer un rendez-vous auprès de la direction générale des finances publiques, d'enjoindre au directeur général des finances publiques de régulariser le paiement de la taxe d'enregistrement de son visa de long séjour, et d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français et de lui remettre, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n°2314770 et 2321974, présentées par M. B, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour en statuer par un seul jugement.

Sur la requête n°2314770 :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

4. Il résulte de l'instruction que le 27 juillet 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, un agent de la direction générale des finances publiques a invité M. B à s'acquitter en ligne du timbre fiscal de 200 euros, ce que ce dernier a fait le 7 août 2023, régularisant ainsi son visa long séjour valant titre de séjour. Par suite, les conclusions de M. B aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être regardées comme devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur la requête n°2321974 :

5. Il résulte de l'instruction que le 17 octobre 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a reçu une convocation pour le 24 octobre 2023 afin de lui permettre de déposer son dossier de demande de titre de séjour et de lui délivrer, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé. Par suite, les conclusions de M. B aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être regardées comme devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requêtes n° 2314770 et n° 2321974 de M. B aux fins d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 300 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copies-en sera adressée au préfet de police, au directeur général des finances publiques et au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Paris, le 16 novembre 2023.

La juge des référés,

A. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2314770 ;2321974

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