lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2322752 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET MENANT ET ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, la société DIEP, représentée par Me Menant, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 7 septembre 2023, modifiée le 27 septembre suivant, par laquelle la maire de Paris lui a retiré l'autorisation d'installer sur le domaine public une terrasse ouverte au droit de son établissement devant une terrasse fermée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge la Ville de Paris une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est justifiée dès lors que la décision attaquée a pour effet de la priver d'une part substantielle de sa clientèle et de son chiffre d'affaires et est de nature à porter atteinte à son équilibre économique ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision les moyens tirés de ce que la décision est :
- entachée de l'incompétence de son signataire ;
- entachée d'une erreur de fait quant à la localisation de la terrasse qu'elle n'est plus autorisée à installer ;
- a été prise en méconnaissance de la procédure contradictoire ;
- n'est pas suffisamment motivée, en ce qu'elle n'apporte pas la preuve matérielle des infractions, au règlement de la Ville de Paris des étalages et tersasses, retenues par son auteur ;
- est fondée sur des faits matériellement inexacts quant au nombre des infractions commisses ;
- méconnaît le principe de proportionnalité ;
- porte atteinte au principe d'égalité et à la liberté du commerce et de l'industrie et de la libre concurrence.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 octobre 2023 sous le numéro 2322751 par laquelle la société DIEP demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier l'urgence, requise des dispositions précitées, au vu de laquelle le juge des référés relevant en outre un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité d'une décision peut en suspendre l'exécution, la société DIEP fait valoir que la décision attaquée la prive d'une part substantielle de sa clientèle et de son chiffre d'affaires et est de nature à porter atteinte à son équilibre économique. Toutefois, au soutien de cette allégation, la société DIEP se borne à produire à l'instance un extrait d'un rapport établi, selon ses écritures, par un expert-comptable. De cet extrait, il ressort que l'exploitation de la terrasse, qu'elle n'est plus autorisée à installer du fait de la décision attaquée, lui permet de réaliser entre mai et octobre un chiffre d'affaire estimé à 820 euros annuel alors que l'exploitation de l'établissement, pour la même période, lui permet de réaliser un chiffre d'affaire de 855 000 euros. Il ressort, encore de cet extrait, en tout état de cause, que le chiffre d'affaire de l'établissement de l'année 2022 représente un montant de 9 563 020 euros. Ainsi la perte alléguée du chiffre d'affaire réalisé par l'exploitation de la terrasse ouverte, désormais interdite, représente, alors qu'il n'est pas soutenu que les résultats de l'année en cours seraient inférieurs, moins de 10% des résultats globaux de l'établissement. Enfin, alors que la période d'exploitation de cette terrasse prend fin le 31 octobre la requête n'a été enregistrée que le 3 octobre 2023. Dans ces conditions, en l'espèce, l'urgence, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas caractérisée.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société DIEP ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de la société DIEP est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société DIEP.
Fait à Paris, le 16 octobre 2023.
Le juge des référés,
J.-F. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.