lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2322837 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | BARTHOD-COMPANT LA FONTAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Jeanne Barthod, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
A titre principal :
1°) de suspendre la décision du 28 août 2023 par laquelle le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour, et ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
A titre subsidiaire :
1°) de suspendre la décision du 28 août 2023 par laquelle le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre aux services préfectoraux de réexaminer la situation du requérant dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen;
Dans tous les cas, de mettre à la charge de l'État la somme de 1000 euros à verser à Me Jeanne Barthod au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, en cas de renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que le refus implicite de renouvellement crée en principe une situation d'urgence et qu'il a été radié de Pôle Emploi ;
- le doute sérieux est caractérisé dès lors que :
o l'avis du 31 juillet 2023, rendu par le collège des médecins de l'OFII, est visé par le préfet mais n'est pas joint de sorte qu'il est impossible de vérifier si la procédure est régulière ;
o la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
o la décision est entachée
* d'insuffisance de motivation, dès lors qu'aucun des textes appliqué n'est visé ;
* d'absence d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle,
o le préfet de Police s'est donc cru lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII sans opérer un examen personnel de la situation du requérant ;
o l'arrêté méconnaît des dispositions de l'article L. 425-9 du CESEDA compte tenu de sa pathologie et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
o l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la CESDH
Le Préfet de police n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé à l'instance l'avis de l'Office relatif à la demande du requérant et signé par les trois médecins ayant siégé, une attestation du directeur territorial de l'Office certifiant le nom du rapporteur, distinct des trois médecins ayant siégé dans le collège qui a émis l'avis, et l'arrêté désignant les médecins pour participer au collège de l'Office,
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 octobre 2023 sous le n° 2322833 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de santé publique,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de la 3e section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Yahiaoui, greffière d'audience, M. Gracia a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Barthod-Compant La Fontaine, pour M. A, qui reprend les conclusions moyens de la requête ;
- les observations de Me Zerad pour le préfet de police qui conclut au rejet de la requête.
Une note en délibéré a été enregistrée le 13 octobre pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant camerounais né le 28 octobre 1980 à Douala (Cameroun), est entré en France le 4 février 2013 selon ses déclarations, a demandé le 28 mars 2023 le renouvellement de sa carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A demande la suspension de l'arrêté du 28 août 2023, par lequel le préfet de police a refusé sa demande.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, selon le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre du remboursement des frais de l'instance doivent être rejetées par voie de conséquence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police, au bureau d'aide juridictionnelle et à Me.
Fait à Paris, le 16 octobre 2023.
Le juge des référés,
J-Ch. GRACIA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.