LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323056

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323056

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323056
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET LEFOL ASSOCIES (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme A, salariée protégée, contestant la décision de l'inspecteur du travail du 8 février 2023 autorisant son licenciement pour faute, ainsi que la décision de rejet de son recours hiérarchique par le ministre du travail. Le tribunal a annulé ces décisions en raison d'un vice de procédure, constatant que l'enquête contradictoire n'avait pas respecté le principe du contradictoire garanti par l'article R. 2421-11 du code du travail. La solution retenue est l'annulation des décisions attaquées, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 octobre 2023, le 27 mai 2024, le

23 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Chicha, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2023 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement pour faute ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet en date du 6 août 2023 à la suite du silence de quatre mois, gardé par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion valant rejet de son recours hiérarchique contre la décision en date du 8 février 2023 ;

3°) d'annuler la décision explicite du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion du 25 août 2023, confirmant la décision du 8 février 2023 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'objectivité et du respect du contradictoire qui résultent de la manière dont ont été conduites tant l'enquête contradictoire de l'inspecteur du travail, que la contre-enquête menée par le directeur adjoint du travail ;

- la procédure n'a pas été respectée car dès le 17 novembre 2022, avant même la convocation à entretien préalable du 22 novembre 2022 et donc a fortiori avant l'entretien préalable fixé au 2 décembre 2022, l'association AFTRAL avait pris la décision de la licencier ;

- les faits pour lesquels l'association AFTRAL a sollicité l'autorisation de l'administration sont prescrits :

- les faits allégués par l'employeur au soutien de sa demande de licenciement ne sont pas caractérisés dans leur matérialité ; le doute doit profiter au salarié ;

- les faits ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement ;

- ce licenciement est intervenu dans un contexte de harcèlement moral à son encontre ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il existe un lien entre son licenciement et son mandat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, l'association AFTRAL, représentée par la SELAS FIDAL, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, le ministre du travail conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Renvoise,

- les conclusions de Mme Beugelmans-Lagane, rapporteure publique,

- et les observations de Me Wilson pour l'association AFTRAL.

Considérant ce qui suit :

1. L'association AFTRAL a embauché Mme A à compter du 1er octobre 2016 en qualité de directrice des ressources humaines du groupe AFTRAL. Mme A était également conseillère prud'homale au conseil de prud'hommes de Paris en section encadrement depuis le 14 décembre 2017. Le 9 décembre 2022, l'association AFTRAL a adressé une demande d'autorisation de la licencier pour faute grave à l'inspection du travail, demande accordée le 8 février 2023. Le 6 avril 2023, Mme A a formulé un recours hiérarchique auprès du ministre du travail contre la décision d'autorisation de licenciement de l'inspecteur du travail. Par décision implicite de rejet en date du 6 août 2023, le ministre du travail a rejeté la demande d'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 8 février 2023, autorisant le licenciement de la requérante. Par décision explicite en date du 25 août 2023, le ministre du travail a confirmé la décision de l'inspecteur du travail du 8 février 2023. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur la portée du litige :

2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours administratif formé contre la décision du 8 février 2023 doivent être regardées comme étant dirigées contre la décision explicite du ministre du travail du 25 août 2023.

Sur la légalité de la décision de l'inspecteur du travail :

En ce qui concerne la légalité externe, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens :

3. Aux termes de l'article R. 2421-11 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat ".

4. Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement pour faute d'un salarié protégé, d'informer le salarié concerné des agissements qui lui sont reprochés et de l'identité des personnes qui en ont témoigné. Il implique, en outre, que le salarié protégé soit mis à même de prendre connaissance, d'une part, de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, et, d'autre part, de l'ensemble des éléments déterminants que l'inspecteur du travail a pu recueillir, y compris des témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation, sans que la circonstance que le salarié soit susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse, dans l'un ou l'autre cas, exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation. Toutefois, lorsque la communication de ces éléments serait de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui les ont communiqués, l'inspecteur du travail doit se limiter à informer le salarié protégé et l'employeur, de façon suffisamment circonstanciée, de leur teneur.

5. Si le rapport de la contre-enquête mentionne que les témoignages recueillis par l'inspecteur pendant la phase contradictoire n'ont pas apporté d'éléments nouveaux par rapport à ceux qui avaient déjà été entendus lors de l'enquête interne et qui avaient été communiqués à Mme A, il n'est pas contesté que la décision attaquée en fait mention pour établir la matérialité et l'imputabilité des faits reprochés à la requérante, et que ces témoignages sont donc, dans cette mesure, déterminants. Par ailleurs, il n'est pas allégué que la communication des témoignages recueillis par l'inspecteur du travail serait de nature à porter gravement préjudice aux personnes concernées. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la liste des personnes entendues par l'inspecteur du travail ne coïncide pas avec celle des personnes ayant été auditionnées lors de l'enquête interne de sorte qu'il est constant que Mme A n'a pas eu accès à l'ensemble des témoignages déterminants qui ont permis d'établir la matérialité des faits qui lui sont reprochés.

6. Il résulte de ce qui précède que l'administration ne justifie pas que Mme A aurait été mise à même de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants sur lesquels s'est appuyé l'inspecteur du travail pour prendre sa décision. Dès lors, elle est fondée à soutenir qu'elle a été privée d'une garantie procédurale et que la décision litigieuse est, pour ce motif, entachée d'illégalité.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 8 février 2023.

Sur la légalité de la décision de la ministre du travail :

8. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision.

9. Par voie de conséquence de l'annulation de l'inspecteur du travail, la décision du 25 août 2023 du ministre du travail ne peut qu'être annulée.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande l'association AFTRAL au titre des frais liés à l'instance. En outre, faute de dépens, cette demande ne peut qu'être rejetée. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à Mme A.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions de l'inspecteur du travail du 8 février 2023 et du ministre du travail du 25 août 2023 sont annulées.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 500 euros (mille cinq cents) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par l'association AFTRAL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des dépens sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ministre du travail et de l'emploi et à l'association AFTRAL.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Gracia, président,

- Mme Merino, première conseillère,

- Mme Renvoise, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

T. RENVOISE

Le président,

J.-Ch. GRACIALa greffière,

C. YAHIAOUI

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/3-3

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2535565

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement appliqué l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en fondant son refus sur la condamnation de l'intéressée pour des faits relevant des articles 222-34 à 222-40 du code pénal. Il a également estimé que les circonstances invoquées (emploi stable, sursis) étaient sans incidence sur la légalité de la décision et n'ont pas constaté de méconnaissance de l'article 8 de la CEDH.

26/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2534617

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant le renouvellement du titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante brésilienne. La juridiction a retenu que le préfet avait méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne procédant pas à une appréciation individuelle et concrète de la situation de l'intéressée, notamment au regard de son état de santé et de son droit au respect de la vie privée et familiale (article 8 de la CEDH). Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.

26/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411323

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant algérien. Le tribunal a annulé la décision attaquée, considérant que l'administration n'avait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant au regard de son pouvoir discrétionnaire de régularisation exceptionnelle. Cette solution s'appuie sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit le séjour des ressortissants algériens sans interdire une telle régularisation.

26/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2428408

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant le renouvellement d'une carte de séjour "talent" à une artiste-interprète. La juridiction a relevé d'office que le refus, fondé sur un seuil de ressources fixé par un arrêté ministériel (annexe 10 du CESEDA), était entaché d'incompétence, car ce seuil relève d'un décret en Conseil d'État selon l'article L. 421-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de reconsidérer la demande dans un délai de quatre mois.

26/03/2026

← Retour aux décisions