LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323086

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323086

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323086
TypeDécision
PublicationC+
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantDUMAZ ZAMORA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 26 septembre 2023, le tribunal administratif de Pau a transmis la requête de M. A C.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 août 2023 et 3 avril 2024, M. B A C, représenté par Me Dumaz Zamora, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée de contradiction de motifs ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;

- le préfet a commis une erreur de droit en l'assignant à résidence sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile après l'avoir assigné à résidence pour une durée totale de quatre-vingt-dix jours au titre de l'article L. 731-1 du même code ;

- pour le même motif, il a entaché la décision de détournement de pouvoir ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés ou sont inopérants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant marocain, est sous le coup d'un arrêté d'expulsion adopté par le ministre de l'intérieur le 27 mars 1987. Par un arrêté du 9 mars 2020, ce ministre a fixé le Maroc comme pays d'éloignement. L'intéressé a ensuite été incarcéré puis, en vue de mettre à exécution cette expulsion après sa levée d'écrou, il a été assigné à résidence sur le territoire de la commune de Pau par deux arrêtés des 25 mai et 6 juillet 2023, durant deux fois quarante-cinq jours, sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puis, par un arrêté du 23 août 2023, pour une durée de six mois, sur le fondement de l'article L. 731-3 du même code. Par la présente requête, M. A C demande l'annulation de l'arrêté du 23 août 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " L'article

L. 121-2 du même code dispose que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière ; ".

3. La décision litigieuse, prise le 23 août 2023 en vue d'exécuter une décision d'expulsion, adoptée le 27 mars 1987 et une autre fixant le pays d'éloignement, datée du 9 mars 2020, ne pouvaient être contestée en même temps que la décision d'expulsion et ne pouvait, par suite, être regardée comme ayant été prise après la procédure contradictoire devant la commission d'expulsion prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la décision attaquée n'est pas non plus soumise au régime contentieux spécifique prévu par les livres VI et VII du même code dont, notamment, l'article L. 722-7 dispose que les recours ont un caractère suspensif. Par suite, M. A C peut utilement se prévaloir du moyen tiré de ce que la décision litigieuse aurait dû être précédée d'une procédure contradictoire.

4. Il est constant que l'édiction de l'arrêté du 23 août 2023 n'a été précédée d'aucune procédure contradictoire et a ainsi privé l'intéressé d'une garantie. Pour ce seul motif, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A C est fondé à obtenir son annulation.

Sur les frais de l'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat à verser à Me Dumaz Zamora au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'il renonce à percevoir sa part de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 23 août 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a assigné M. A C à résidence est annulé.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Dumaz Zamora au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'il renonce à percevoir sa part de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, au ministre de l'intérieur et à Me Dumaz Zamora.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente,

M. Gaël Raimbault, premier conseiller,

Mme Paule Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le rapporteur,

G. DLa présidente,

A. SeulinLa greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910

Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.

19/02/2026

← Retour aux décisions