jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2323097 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET NAUSICA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 octobre 2023, le 2 février et le 7 octobre 2024, M. E C et M. A C, représentés par Me Le Foyer de Costil, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à leur verser la somme totale de 45 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la décision d'arrêt des soins prise pour leur père par le service des urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir au nom de leur père et en leur nom propre ;
- ils ont adressé une demande indemnitaire préalable à l'hôpital européen Georges Pompidou qui l'a redirigée vers l'AP-HP, laquelle en a accusé réception ;
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée dès lors qu'elle n'établit pas que la procédure collégiale concernant la fin de vie a été mise en œuvre, en l'absence de consultation d'un médecin extérieur, en l'absence de motivation de la décision au sein du dossier médical, et en l'absence de consultation de la personne de confiance, alors que leur père n'était pas en capacité de consentir à l'arrêt des traitements ;
- ils n'ont pas été informés de la décision d'arrêt des traitements et n'ont pas reçu la notification des délais et voies de recours ;
- les préjudices subis du fait de cette faute doivent être évalués à la somme totale de 45 000 euros, se décomposant comme suit pour chacun des deux requérants : 2 500 euros au titre du préjudice moral, 20 000 euros au titre du préjudice de douleur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
L'établissement soutient que :
- la requête des consorts C est irrecevable, en l'absence d'intérêt à agir et en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- sa responsabilité n'est pas engagée dès lors que M. C n'était pas hors d'état de manifester sa volonté, qu'aucune disposition n'exige que le médecin consulté dans le cadre de la procédure collégiale soit un médecin extérieur, que la décision était motivée, et que M. E C a toujours été tenu informé de l'état de santé de son père et des décisions prises ;
- en tout état de cause, il n'existerait pas de lien de causalité entre un tel manquement et le dommage allégué ;
- à titre subsidiaire, il conviendrait d'ordonner une mesure d'expertise avant-dire droit ou, à titre infiniment subsidiaire, de ramener à de plus justes proportions le montant de la somme sollicitée à 2 000 euros chacun pour le préjudice moral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doan,
- les conclusions de M. Pény, rapporteur public,
- et les observations de Me Fouret, représentant les consorts C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 24 juillet 1941 et atteint d'un cancer depuis 2017, a été hospitalisé à l'hôpital européen Georges Pompidou de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) du 3 au 10 mars 2021. Une légionellose a été diagnostiquée le 3 mars. Le 8 mars, une aggravation respiratoire avec un inconfort a conduit à la prise d'une décision d'accompagnement de fin de vie avec une majoration de morphine à visée symptomatique. M. C est décédé le 10 mars 2021. MM. E et A C, ses fils, ont déposé le 30 mai 2023 une demande indemnitaire préalable, à laquelle l'AP-HP n'a pas donné suite. Par la présente requête, les consorts C demandent au tribunal de condamner l'AP-HP à leur verser la somme totale de 45 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la décision d'arrêt des soins du 8 mars 2021.
Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des actes de naissance produits par les consorts C, que ces derniers sont les enfants de M. B C. L'AP-HP n'est ainsi pas fondée à soutenir qu'ils ne justifieraient d'aucun intérêt à agir.
3. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les consorts C ont adressé le 30 mai 2023 une demande indemnitaire préalable à l'hôpital européen Georges Pompidou. Si l'AP-HP soutient que la requête est irrecevable en ce que la demande indemnitaire préalable n'a pas été adressée à l'AP-HP elle-même, la demande du 30 mai 2023 a été communiquée à l'AP-HP, dont fait partie, en tout état de cause, l'hôpital européen Georges Pompidou, de sorte que cette fin de non-recevoir ne peut qu'être écartée.
Sur le cadre juridique du litige :
4. Aux termes des dispositions l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
5. Aux termes de l'article L. 1110-1 du code la santé publique : " Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne. () " L'article L. 1110-2 de ce code dispose que : " La personne malade a droit au respect de sa dignité ".
6. Aux termes de l'article L. 1110-5 du même code : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté () ". Aux termes de l'article L. 1110-5-1 du même code : " Les actes mentionnés à l'article L. 1110-5 ne doivent pas être mis en œuvre ou poursuivis lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article L. 1111-4 du même code : " () Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, la limitation ou l'arrêt de traitement susceptible d'entraîner son décès ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale mentionnée à l'article L. 1110-5-1 et les directives anticipées ou, à défaut, sans que la personne de confiance prévue à l'article L. 1111-6 ou, à défaut la famille ou les proches, aient été consultés. La décision motivée de limitation ou d'arrêt de traitement est inscrite dans le dossier médical () ".
7. Par ailleurs, l'article L. 1111-11 de ce code dispose que : " Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces directives anticipées expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l'arrêt ou du refus de traitement ou d'acte médicaux. / À tout moment et par tout moyen, elles sont révisables et révocables. Elles peuvent être rédigées conformément à un modèle dont le contenu est fixé par décret en Conseil d'Etat pris après avis de la Haute Autorité de santé. Ce modèle prévoit la situation de la personne selon qu'elle se sait ou non atteinte d'une affection grave au moment où elle les rédige. " / Les directives anticipées s'imposent au médecin pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement, sauf en cas d'urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. / La décision de refus d'application des directives anticipées, jugées par le médecin manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient, est prise à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire et est inscrite au dossier médical. Elle est portée à la connaissance de la personne de confiance désignée par le patient ou, à défaut, de la famille ou des proches. () ".
8. Enfin, selon l'article R. 4127-37-1 du code de la santé publique : " I. - Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin en charge du patient est tenu de respecter la volonté exprimée par celui-ci dans des directives anticipées, excepté dans les cas prévus aux II et III du présent article. / II.- En cas d'urgence vitale, l'application des directives anticipées ne s'impose pas pendant le temps nécessaire à l'évaluation complète de la situation médicale. / III.- Si le médecin en charge du patient juge les directives anticipées manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale, le refus de les appliquer ne peut être décidé qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L. 1111-11. Pour ce faire, le médecin recueille l'avis des membres présents de l'équipe de soins, si elle existe, et celui d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant, avec lequel il n'existe aucun lien de nature hiérarchique. Il peut recueillir auprès de la personne de confiance ou, à défaut, de la famille ou de l'un des proches le témoignage de la volonté exprimée par le patient. / IV. - En cas de refus d'application des directives anticipées, la décision est motivée. Les témoignages et avis recueillis ainsi que les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient. / La personne de confiance, ou, à défaut, la famille ou l'un des proches du patient est informé de la décision de refus d'application des directives anticipées ". Et aux termes de l'article R. 4127-37-2 du même code : " I. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement respecte la volonté du patient antérieurement exprimée dans des directives anticipées. Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés, au titre du refus d'une obstination déraisonnable, ne peut être prise qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L. 1110-5-1 et dans le respect des directives anticipées et, en leur absence, après qu'a été recueilli auprès de la personne de confiance ou, à défaut, auprès de la famille ou de l'un des proches le témoignage de la volonté exprimée par le patient. / II. - Le médecin en charge du patient peut engager la procédure collégiale de sa propre initiative. () / La personne de confiance ou, à défaut, la famille ou l'un des proches est informé, dès qu'elle a été prise, de la décision de mettre en œuvre la procédure collégiale. / III. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est prise par le médecin en charge du patient à l'issue de la procédure collégiale. Cette procédure collégiale prend la forme d'une concertation avec les membres présents de l'équipe de soins, si elle existe, et de l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est recueilli par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile. () / IV. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est motivée. La personne de confiance, ou, à défaut, la famille, ou l'un des proches du patient est informé de la nature et des motifs de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement. La volonté de limitation ou d'arrêt de traitement exprimée dans les directives anticipées ou, à défaut, le témoignage de la personne de confiance, ou de la famille ou de l'un des proches de la volonté exprimée par le patient, les avis recueillis et les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient ".
9. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions, ainsi que de l'interprétation que le Conseil constitutionnel en a donnée dans sa décision n° 2017-632 QPC du 2 juin 2017, qu'il appartient au médecin en charge d'un patient, lorsque celui-ci est hors d'état d'exprimer sa volonté, d'arrêter ou de ne pas mettre en œuvre, au titre du refus de l'obstination déraisonnable, les traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou sans autre effet que le seul maintien artificiel de la vie. En pareille hypothèse, le médecin ne peut prendre une telle décision qu'à l'issue d'une procédure collégiale, destinée à l'éclairer sur le respect des conditions légales et médicales d'un arrêt du traitement.
10. Enfin, d'une part, l'article 16 de la Déclaration de 1789 garantit le droit des personnes intéressées à exercer un recours juridictionnel effectif. D'autre part, aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale () ".
11. Par sa décision du 2 juin 2017, le Conseil constitutionnel a assorti sa déclaration de conformité à la Constitution des dispositions critiquées devant lui des articles L. 1110-5-1, L. 1110-5-2 et L. 1111-4 du code de la santé publique de réserves d'interprétation en vertu desquelles : " S'agissant d'une décision d'arrêt ou de limitation de traitements de maintien en vie conduisant au décès d'une personne hors d'état d'exprimer sa volonté, le droit à un recours juridictionnel effectif impose que cette décision soit notifiée aux personnes auprès desquelles le médecin s'est enquis de la volonté du patient, dans des conditions leur permettant d'exercer un recours en temps utile. Ce recours doit par ailleurs pouvoir être examiné dans les meilleurs délais par la juridiction compétente aux fins d'obtenir la suspension éventuelle de la décision contestée ".
12. D'une part, les dispositions précitées du IV de l'article R. 4127-37-2 introduites dans le code de la santé publique par le décret attaqué prévoient que la personne de confiance, ou, à défaut, la famille, ou l'un des proches du patient est informé de la nature et des motifs de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement. Elles permettent ainsi que la décision de limitation ou d'arrêt des traitements d'un patient hors d'état d'exprimer sa volonté soit notifiée aux personnes auprès desquelles le médecin s'est enquis de sa volonté. D'autre part, il résulte des réserves d'interprétation dont le Conseil constitutionnel a assorti sa décision, qui sont revêtues de l'autorité absolue de la chose jugée et qui lient le juge pour l'application et l'interprétation de la loi, que les personnes auprès desquelles le médecin s'est enquis de la volonté du patient doivent pouvoir exercer un recours en temps utile et que, lorsqu'est exercé un recours tel que le référé prévu par l'article L. 521-2 du code de justice administrative devant les juridictions administratives ou celui que prévoit l'article 809 du code de procédure civile devant les juridictions civiles, il doit être examiné dans les meilleurs délais par la juridiction compétente en vue de la suspension éventuelle de la décision contestée. Ceci implique nécessairement que le médecin ne peut mettre en œuvre une décision d'arrêter ou de limiter un traitement avant que les personnes qu'il a consultées et qui pourraient vouloir saisir la juridiction compétente d'un tel recours n'aient pu le faire et obtenir une décision de sa part.
13. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction, et notamment des échanges de courriers électroniques produits à l'instance, que, selon les termes de M. E C lui-même, dans un courrier adressé le 5 mars 2021 au Dr D, M. C " a toute sa tête sur les sujets que nous avons abordés et a regardé la télévision normalement ", et dans un courrier du 9 mars, " il n'avait pas l'air du tout hagard hier au soir, bien au contraire, quand il connaît son monde, il réagit. () Il savait très bien exprimer les choses. () Il est parfaitement conscient de l'état dans lequel il est ". Toutefois, il résulte également de l'instruction, et notamment du dossier médical de M. C, que ce dernier souffrait de troubles cognitifs qui se sont aggravés à la fin de son hospitalisation. Il est constant qu'il n'a pas donné de directives anticipées et il ne résulte d'aucun élément que M. C aurait donné un accord oral à la décision de limitation des soins. En tout état de cause, l'AP-HP ne conteste pas que les équipes médicales ont engagé la procédure prévue aux articles cités ci-dessus, en considérant était hors d'état d'exprimer sa volonté à la date de la décision d'arrêt des soins du 8 mars 2021.
14. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment des observations médicales produites en défense, que si M. E C, personne de confiance de son père, avait été informé régulièrement de l'état de santé de son père, de la gravité de la situation et du risque de décès du patient, il n'a pas été informé avant le 10 mars 2021, date du décès de M. C, de la décision de limitation des soins prise le 9 mars 2021 par l'équipe médicale, qui n'établit ni même n'allègue avoir sollicité de sa part le témoignage de la volonté exprimée par le patient avant de prendre cette décision. Les enfants de M. C n'ont, ainsi, pas été mis en mesure de pouvoir exercer un recours en temps utile contre cette décision. Ils sont par suite fondés à soutenir que la décision de limitation des soins est entachée d'une faute engageant la responsabilité de l'AP-HP et à solliciter l'indemnisation des préjudices résultant de cette faute.
Sur les préjudices :
15. Les consorts C font valoir qu'ils ont subi, du fait de la décision litigieuse, un préjudice moral et un préjudice d'affection.
16. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral résultant de la faute litigieuse, du fait des conditions dans lesquelles la décision concernant M. B C a été prise, en accordant à chacun de ses fils la somme de 3 000 euros.
17. En deuxième lieu, si les consorts C sollicitent la réparation du préjudice d'affection issu du décès de leur père, il résulte de l'instruction que ce dernier ne pouvait, même en l'absence de décision de limitation des soins, être sauvé par un transfert en service de réanimation ou en unité de soins intensifs pneumologiques, au regard de la gravité de son état de santé. Par suite, dès lors que le décès de leur père serait intervenu en tout état de cause, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes qu'ils présentent à ce titre.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par les consorts C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. E C et à M. A C la somme de 3 000 euros chacun en réparation de leurs préjudices.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera aux consorts C une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête des consorts C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à M. A C, et à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Cicmen, premier conseiller,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
R. Doan
Le président,
J.-P. LadreytLa greffière,
A. Gomez Barranco
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2323097/6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026