lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2323278 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Goeau-Brissonniere, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 10 octobre 2023 par laquelle le préfet de police a refusé le dépôt et l'enregistrement de sa première demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée le prive de la possibilité de régulariser sa situation et l'expose à un éloignement du territoire français alors qu'il a demandé ce rendez-vous depuis le 23 septembre 2022 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que le préfet de police a commis une erreur de droit au regard des articles R 431-20, R 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L.264-1, L.264-2, L.264-3 et D 264-1 du code de l'action sociale et des familles.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2323277 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant bangladais né le 12 janvier 1994, entré en France en 2016, a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 23 septembre 2022. Il produit une convocation pour le 28 septembre 2023 ainsi qu'une attestation de son conseil indiquant qu'il s'est présenté le 10 octobre 2023 et qu'un refus d'enregistrement lui a alors été opposé au motif qu'il ne produisait pas une attestation de domiciliation d'un organisme agréé par la préfecture. Si le requérant se prévaut de l'urgence de sa situation en indiquant qu'il se trouve placé en situation irrégulière, il est constant qu'il s'agit non d'un renouvellement mais d'une première demande de titre de séjour alors qu'il était déjà en situation irrégulière depuis 2016. Par ailleurs, il ne donne aucune précision sur sa situation en France et ses conditions d'existence. Dès lors, il n'apporte pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B ne peut se prévaloir d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter sa requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Goeau-Brissonniere.
Fait à Paris, le 16 octobre 2023.
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.