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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323300

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323300

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323300
TypeDécision
Avocat requérantZANATTA DOS ANJOS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 et 31 octobre et 20 novembre 2023, Mme B, représentée par Me Zanatta dos Anjos, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l'exécution d'aucune décision ;

- la condition de l'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour la maintient dans une situation irrégulière, l'expose à la perte de son emploi et à des mesures d'éloignement, et qu'elle se trouve dans une situation de blocage du fait du refus de délivrance de l'autorisation de travail dû à l'absence de titre de séjour en cours de validité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2023, le préfet de police, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et demande, en cas d'injonction de statuer sur sa demande, que le délai soit porté à trois mois.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante brésilienne, née le 13 décembre 1981, est entrée en France en septembre 2020, sous couvert d'un visa " étudiant ", a bénéficié d'un titre de séjour en cette qualité jusqu'au 1er octobre 2022, et a demandé un changement de statut pour disposer d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Si, dans le cadre d'un " téléservice ", l'étranger, après avoir déposé son formulaire de demande et les pièces justificatives exigées, établit ne pas avoir été convoqué dans un délai raisonnable, en dépit de plusieurs relances auprès des services de la préfecture, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de l'absence de convocation sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il est constant que Mme B a introduit une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", déposée le 20 mars 2023 qui a été classée sans suite le 5 mai 2023, le dossier étant incomplet, cette décision valant rejet de la demande de titre de séjour formulée par la requérante. Si la requérante soutient qu'elle a tenté à plusieurs reprises, avant l'expiration de son titre de séjour le 1er octobre 2022 de se connecter au site de l'Agence nationale des étrangers en France (ANEF) dans le but de solliciter une autorisation de travail, elle ne le démontre pas en produisant des extraits de son navigateur internet. Dans ces conditions, Mme B ne peut être regardée comme justifiant de l'utilité de sa demande de délivrance d'un récépissé de titre de séjour, qui fait obstacle à l'exécution de la décision de refus de titre de séjour. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ne peuvent qu'être rejetées.

6. Il résulte tout de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 14 décembre 2023.

La juge des référés,

A. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2323300/9

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