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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323590

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323590

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323590
TypeDécision
Avocat requérantDEMIR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, M. B, représenté par Me Demir, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse se rendre en préfecture pour renouveler son titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de police, pendant la durée de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que sa carte de séjour ne sera plus valide à compter du 17 novembre 2023 et qu'il vit dans l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative ;

- la mesure est utile dès lors que ses démarches pour enregistrer sa demande de renouvellement de son titre de séjour n'ont pas abouti ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne souffre d'aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant bangladais, né le 9 septembre 2000, s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant valable du 18 novembre 2021 au 17 novembre 2023. Il tente depuis le 5 septembre 2023 de prendre rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour. M. B demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 511- 1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire ".

Sur les conclusions tendant à l'obtention d'un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour :

3. Il résulte de l'instruction comme le fait valoir le préfet de police en défense, que si M. B soutient au titre de l'urgence qu'il tente, en vain, de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour depuis le 5 septembre 2023, il ne démontre avoir déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) que le 10 octobre 2023, soit trois jours avant l'enregistrement de la présente requête devant le tribunal administratif de Paris. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas l'urgence de la mesure consistant à obtenir un rendez-vous à la préfecture de police de Paris afin d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous afin d'enregistrer la demande de renouvellement de son titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler dans l'attente de l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour :

4. Il résulte de l'instruction que le 14 novembre 2023, M. B s'est vu délivrer, dans le cadre de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, via son compte ANEF, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 13 février 2024 lui permettant de justifier de la régularité de son séjour en France et de travailler, dans l'attente de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas l'utilité de la mesure consistant à ce que le préfet de police lui délivre un récépissé l'autorisant à travailler durant l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer un récépissé dans l'attente de l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées.

5. Il résulte tout de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 14 décembre 2023.

La juge des référés,

A. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2323473/9

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