jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2323591 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 24 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de police d'enregistrer et d'instruire sa demande de document de voyage dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'état de santé de sa mère en Egypte est extrêmement précaire et qu'il souhaite se rendre en Egypte pour la voir avant la fin de l'année ;
- la mesure est utile dès lors que, malgré toutes les diligences entreprises pour enregistrer sa demande de document de voyage, ces démarches n'ont pas abouti ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne souffre d'aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant soudanais, né le 14 février 1983, s'est vu délivrer une carte de résident valable du 13 novembre 2019 au 12 novembre 2029. M. A B demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de police d'enregistrer et d'instruire sa demande de document de voyage.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il résulte de l'instruction comme le fait valoir le préfet de police en défense, que si M. A B soutient au titre de l'urgence qu'il tente, en vain, depuis cet été, de déposer sa demande de document de voyage sur le site de de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) afin de pouvoir rendre visite en Egypte à sa mère, dont l'état de santé est très préoccupant, il ne démontre pas avoir suivi les recommandations de l'agence nationale des titres sécurisés formulées dans un courriel du 9 septembre 2023. En outre, les captures d'écran du profil du requérant sur le site de l'ANEF, non datées, ne permettent pas d'établir qu'il aurait tenté en vain de prendre rendez-vous, via l'ANEF, afin de déposer sa demande de document de voyage. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas l'urgence de la mesure consistant à enregistrer et à instruire sa demande de document de voyage auprès de la préfecture de police. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police d'enregistrer et d'instruire sa demande de document de voyage ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte tout de ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 14 décembre 2023.
La juge des référés,
A. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9