lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2323712 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2023, M. A C B, représenté par Me Pafundi, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale et un dossier de demande d'asile, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que du fait de la décision du préfet de police portant refus d'enregistrement de sa demande d'asile et de la décision implicite portant placement en fuite, il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et peut faire l'objet, à tout moment, d'une mesure d'éloignement, qu'il fait l'objet d'une décision de transfert vers la Roumanie, laquelle est susceptible d'être exécutée d'office à tout moment, et qu'il ne ressort d'aucun document que le préfet de police a effectivement informé les autorités roumaines de la prolongation du délai de transfert de douze mois supplémentaires ;
- en refusant de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, alors même que cette obligation lui incombe, le préfet de police porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'ordonnance n° 2322933 du 17 octobre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission à titre provisoire de M. C B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. Pour justifier de l'urgence, M. C B soutient qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu'il fait l'objet d'une décision de transfert vers la Roumanie, laquelle est susceptible d'être exécutée d'office à tout moment. Cependant, il résulte de l'instruction que par l'ordonnance n° 2322933 du 17 octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi par M. C B sur le fondement de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et a enjoint au préfet de police de réexaminer sa demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance. Dans ces conditions, la demande présentée par M. C B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne présente pas un caractère d'urgence.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de M. C B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquence les conclusions présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E:
Article 1er : M. C B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et à Me Pafundi.
Fait à Paris, le 23 octobre 2023.
La juge des référés,
S. Marzoug
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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