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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323761

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323761

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323761
TypeDécision
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantDE METZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 16 octobre 2023 et 3 novembre 2023, Mme E G B, représentée par Me de Metz, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le préfet de Paris a décidé son transfert aux autorités italiennes ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale en vue de démarches auprès de l'OFPRA dans le délai de deux semaines suivant la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux semaines suivant la notification du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à Me de Metz, Conseil du requérant, la somme de 1.500 euros (mille cinq cent euros) à la condition qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat conformément à l'article 37 de la loi du 11 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle. Si l'aide juridictionnelle ne devait pas être accordée à Madame B, mettre verser cette somme à Mme B au titre des frais irrépétibles.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il est entaché d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit car il méconnaît l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 et l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-l'arrêté méconnaît l'article 3-2 du règlement (UE)à n°604/2013 ;

- il méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

-l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il ne soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003,

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

- la convention d'application de l'accord de Schengen signée le 19 juin 1990,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- l'ordonnance n°2020-305 du 25 mars 2020,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F en application de l'article

R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les observations de Me de Metz, représentant Mme B ;

- et les observations de M. A, représentant le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E G B, ressortissante guinéenne née 8 mars 2005, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le préfet de Paris a décidé son transfert aux autorités italiennes.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la portée des conclusions de la requête :

3. Si par un arrêté du 4 septembre 2023, le préfet de police a pris un arrêté portant transfert de Mme B vers l'Italie et qu'il a, le 22 septembre 2023, retiré cet arrêté, la présente requête est dirigée contre l'arrêté du 10 octobre 2023 décidant du transfert de Mme B vers l'Italie. Le préfet de police conclut au fond dans la requête et il ne ressort pas de ses écritures qu'il solliciterait un non-lieu à statuer. Dès lors, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit dès lors être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, en deuxième lieu, aux termes de l'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du second alinéa de l'article L. 742-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. ".

6. En l'espèce, l'arrêté comporte la mention des considérations de droit qui en constituent le fondement, à savoir le règlement (UE) n° 604/2013. En outre, il précise les éléments de fait pertinents relatifs à la situation de Mme B, et notamment les circonstances pour lesquelles le préfet de police a estimé que l'Italie devait être regardée comme l'Etat membre responsable de sa demande d'asile. Enfin, il relève que l'intéressée ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale stable en France et n'établit pas de risque personnel constituant une atteinte grave au droit d'asile en cas de remise aux autorités de l'Etat responsable de sa demande d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté, ainsi que le moyen tiré du défaut d'examen individuel de sa situation.

7. En troisième lieu aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment: / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'Etat membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet Etat membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les Etats membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert; / e) du fait que les autorités compétentes des Etats membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

8. Il ressort des pièces du dossier, que Mme B s'est vue remettre le 3 octobre 2023, deux brochures, rédigées en langue française intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' ", et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Si la requérante n'a déclaré ne comprendre que le soussou, les informations rédigées en français dans ces brochures ont été portées oralement à la connaissance de Mme B qui a d'ailleurs apposé sa signature sur ces deux documents. Elle a aussi, lors de l'entretien du 3 octobre 2023, attesté avoir que l'information sur les règlements communautaires lui avait été remise. Ces documents comportent l'ensemble des exigences prévues par l'article 4 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national () ". Aux termes du 3 de l'article 35 de ce règlement : " Les autorités visées au paragraphe 1 reçoivent la formation nécessaire en ce qui concerne l'application du présent règlement. ". Aux termes de l'article 4 de la directive 2013/32/UE du 26 juin 2013 : " () 2. Les États membres peuvent prévoir qu'une autorité autre que celle mentionnée au paragraphe 1 est responsable lorsqu'il s'agit:/ a) de traiter les cas en vertu du règlement (UE) n° 604/2013, / 4. Lorsqu'une autorité est désignée conformément au paragraphe 2, les États membres veillent à ce que le personnel de cette autorité dispose des connaissances appropriées ou reçoive la formation nécessaire pour remplir ses obligations lors de la mise en œuvre de la présente directive () ". Aux termes de l'article L. 111-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. () ".

10. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier, des mentions et cachets figurant sur l'arrêté attaqué et sur le résumé de son entretien individuel que Mme B a bénéficié le 3 octobre 2023 d'un entretien individuel avec un agent de la délégation à l'immigration de la préfecture de police. Dans ces conditions et en l'absence de tout élément contraire versé au dossier, cet agent doit être regardé comme une personne qualifiée en vertu du droit national. Par ailleurs, l'absence d'indication de l'identité et de la qualité de l'agent ayant conduit l'entretien individuel n'a pas privé le requérant de la garantie que constitue le bénéfice de cet entretien. Aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que celui-ci n'aurait pas été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national et dans des conditions qui n'en auraient pas garanti la confidentialité. En outre, il ressort des pièces du dossier que cet entretien a été réalisé en soussou, langue comprise par l'intéressée, dans des conditions garantissant dûment la confidentialité des échanges, et que Mme B a été mise à même de signer le même jour le résumé de cet entretien, de certifier du caractère exact des informations y figurant et de présenter ses observations quant à la décision litigieuse avant qu'elle lui soit notifiée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

11. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que les autorités italiennes ont, le27 juin 2023, été saisies d'une demande de reprise en charge de Mme B comme en atteste l'accusé de réception DubliNet de cette date et que ces dernières ont accepté leur responsabilité de façon implicite comme le l'établit le constat d'accord implicite joint au dossier. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit dans la méconnaissance de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 et l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux (). La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillance systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable () ". Et aux termes l'article 17 dudit règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ".

13. Mme B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste dans la mise en œuvre du pouvoir d'appréciation que le préfet de police tient de l'article 17 précité du règlement du 26 juin 2013, dès lors que sa remise aux autorités italiennes l'exposerait au risque de traitements inhumains ou dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, l'arrêté en litige a seulement pour objet de renvoyer l'intéressée en Italie et non dans son pays d'origine. L'Italie est partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut de réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. S'il n'est pas contesté que l'Italie rencontre de grandes difficultés dans le traitement des demandes d'asile et dans l'accueil des demandeurs d'asile, comme l'ensemble des autres pays de l'Union européenne et de l'espace Schengen, Mme B, malgré ses ennuis de santé, ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle aurait été elle-même maltraitée ou que sa demande d'asile ne pourra y être traitée dans le respect des traités et conventions applicables auxquels souscrit ce pays. Ainsi, les éléments qu'elle apporte ne sont pas suffisamment nombreux pour estimer et juger qu'il existerait des raisons sérieuses de croire en la violation des dispositions qu'elle invoque alors que, de surcroît, la circulaire gouvernementale du 5 décembre 2022 faisant état de difficultés d'ordre technique ne permet pas d'établir que les autorités italiennes se seraient soustraites à leurs obligations de façon irréversible dans la reprise en charge des demandeurs d'asile provenant d'un pays membre de l'espace Schengen. Les juridictions italiennes sont en outre en situation de traiter les contentieux de demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile et de l'état de droit. Si Mme B se prévaut de sa situation de santé nécessitant un traitement et un suivi médical, traduisant une situation de vulnérabilité, les pièces médicales produites n'établissent pas que Mme B ne pourrait voyager sans risque vers l'Italie, notamment par transport médicalisé, ni que le suivi de sa pathologie ne pourrait être réalisé dans ce pays dans des conditions équivalentes à celles de la France et qu'elle ne pourrait y bénéficier des soins requis. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet de police aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire application des dispositions dérogatoires dites " clauses discrétionnaires " mentionnées à l'article 17 précité du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 paragraphe 2 du même règlement doivent être écartés.

14. En dernier lieu, les moyens tirés de la violation des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation sont dépourvus de toute précision permettant au tribunal d'en apprécier la portée.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 10 octobre 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées, ainsi que celles qu'elle a présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les conclusions des requêtes sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E G B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

P. FLa greffière,

N. DUPOUY

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2323761/8

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