lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2323875 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 12 octobre 2023, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B A, enregistrée au greffe de ce tribunal le 11 octobre 2023.
Par cette requête, enregistrée au greffe du présent tribunal le 12 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Gozlan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
-l'arrêté est entaché d'incompétence ;
-il n'est pas suffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dousset, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Dousset.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. A, ressortissant bangladais né le 5 avril 1986 à Moulvibavar, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ".
3. Le préfet territorialement compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français est celui qui constate l'irrégularité de la situation au regard du séjour de l'étranger concerné, que cette mesure soit liée à une décision refusant à ce dernier un titre de séjour ou son renouvellement, au refus de reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire, ou encore au fait que l'étranger se trouve dans un autre des cas énumérés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tel est, en toute hypothèse, le cas du préfet du département où se trouve le lieu de résidence ou de domiciliation de l'étranger. En outre, si l'irrégularité de sa situation a été constatée dans un autre département, le préfet de ce département est également compétent.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition du 9 octobre 2023 que M. A a été interpellé à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine était bien compétent pour édicter l'arrêté en litige. En outre, par un arrêté n° 2023-019 du 13 mars 2023, régulièrement publié au numéro spécial PCI du recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du 14 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. C, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, dont relèvent les décisions attaquées, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires désignés, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut de compétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des textes dont il fait application et mentionne avec suffisamment de précisions les éléments de la situation personnelle de M. A sur lesquels il est fondé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, si l'arrêté attaqué indique à tort que M. A est entré en France le 5 avril 1986, cette erreur de plume ne saurait suffire à démontrer que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen de la situation du requérant.
7. Enfin, il ressort des termes de la décision attaquée que la demande d'asile de M. A a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 août 2021 et que la Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce rejet par une décision du 14 avril 2022. En outre, il est constant que M. A n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée par le préfet des Hauts-de-Seine le 17 novembre 2022. Par ailleurs, M. A est célibataire et sans charge de famille et ne se prévaut d'aucune attache particulière sur le territoire national. Dans ces conditions, et quand bien même il travaillait depuis près de deux ans à la date de la décision attaquée en tant que commis, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 9 octobre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2023.
La magistrate désignée,
A. DOUSSET
La greffière,
N. PAREWYCK
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1-3