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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323925

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323925

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323925
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET KCP KARBOWSKI CASANOVAS-VESCHEMBES DE PRITTWITZ (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Prittwitz, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de la maire de Paris, révélée par la réception de son bulletin de paie du mois de septembre 2023, la plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, par l'effet de la décision litigieuse, elle ne bénéficie plus de ses droits à avancement ni à la retraite ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle a été adoptée par une autorité incompétente, qu'elle est insuffisamment motivée, qu'elle est intervenue alors que ses droits à congés de maladie ordinaire, de longue maladie, de longue durée et de grave maladie n'étaient pas épuisés, et qu'en tout état de cause, elle avait un droit à être placée en congés pour invalidité temporaire imputable au service.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est professeur d'arts plastiques de la Ville de Paris depuis le 2 novembre 2001. Elle demande la suspension de l'exécution de la décision de la maire de Paris, révélée par la réception de son bulletin de paie du mois de septembre 2023, la plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience. Enfin, selon l'article R. 522-2 du même code, les dispositions de l'article R. 612-1 de ce code qui imposent au juge d'inviter l'auteur de conclusions entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

4. En l'espèce, d'une part, Mme A n'a pas, en méconnaissance des dispositions précitées au point 2, accompagné sa requête en référé-suspension d'un recours au fond. Sa requête est, par suite, irrecevable. D'autre part, et en tout état de cause, pour établir l'urgence qui s'attacherait à la suspension de l'exécution de la décision attaquée, la requérante soutient qu'elle a pour effet de lui faire perdre ses droits à l'avancement et à la retraite. En se bornant à invoquer ces généralités, sans apporter le moindre élément concret sur les conséquences, notamment financières, auxquelles l'exposerait l'exécution de la décision litigieuse, Mme A n'établit pas que celle-ci porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est irrecevable et, en tout état de cause, ne présente pas un caractère d'urgence. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter cette requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée à la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 24 octobre 2023.

Le juge des référés

J. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2323925/

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