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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2324117

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2324117

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2324117
TypeDécision
Avocat requérantCABINET JOFFE & ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, M. B, représenté par Me Khawaja, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet de police, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer une convocation, afin qu'il puisse obtenir un récépissé de renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention " travailleur temporaire " et de corriger, dans les plus brefs délais, à compter de l'ordonnance à intervenir, la mention " visiteur " figurant sur son dossier informatique par la mention correspondant à son titre de séjour, celle de " travailleur temporaire " ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'il souhaite renouveler son certificat de résidence algérien, qu'il justifie d'un contrat de travail en cours pour une durée indéterminée et qu'il risque de perdre son emploi ;

- la mesure sollicitée est utile car elle constitue l'unique moyen d'obtenir un rendez-vous afin d'obtenir la délivrance d'un récépissé de renouvellement de son certificat de résidence algérien.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant à voir ordonner la délivrance d'un rendez-vous :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Il résulte de l'instruction que M. B, de nationalité algérienne, né le 11 janvier 1996, s'est vu délivré plusieurs certificats de résidence algérien portant la mention " travailleur temporaire ", dont le dernier a expiré le 1er décembre 2023. Dans le cadre du renouvellement de son certificat de résidence algérien, M. B justifie avoir tenté, en vain, depuis plusieurs mois, de faire modifier, auprès de la préfecture de police, le motif du titre de séjour demandé figurant dans son dossier informatique de " visiteur " à " travailleur temporaire ", motif qui figure sur son titre de séjour valable du 1er décembre 2022 au 1er décembre 2023. En outre, il démontre que l'erreur dans le motif du titre de séjour figurant dans son dossier informatique l'empêche de pouvoir demander le renouvellement de son titre de séjour " travailleur temporaire ". Dans ces conditions, et dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière depuis le 1er décembre 2023 et qu'il fait état du risque de perdre son emploi auquel il est exposé, les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous, dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de l'ordonnance, afin de le recevoir et de le mettre en possession, dans l'hypothèse où le dossier de demande de titre qu'il a déposé est complet, du récépissé qu'il sollicite. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à voir ordonner la correction du motif du titre de séjour demandé dans son dossier informatique :

4. M. B démontre, comme énoncé au point 3, qu'il a tenté à plusieurs reprises, les 9, 20 février et 9 mars 2023 de faire corriger, par la préfecture de police, le motif erroné " visiteur " figurant dans son dossier informatique et que cette erreur a empêché la prise en compte de sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ". Il s'ensuit que, les conditions d'urgence et d'utilité étant remplies, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de modifier dans le fichier informatique de M. B, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, le motif de son titre de séjour pour le motif " travailleur temporaire ".

Sur les conclusions présentées aux fins d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de fixer un rendez-vous à M. B dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de l'ordonnance, afin de le recevoir et le mettre en possession, dans l'hypothèse où le dossier de demande de titre qu'il a déposé est complet, du récépissé qu'il sollicite.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de corriger dans le dossier informatique de M. B le motif figurant sur sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien pour le motif " travailleur temporaire " dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de l'ordonnance.

Article 3 : L'État versera une somme de 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 14 décembre 2023 .

La juge des référés,

A. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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