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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2324366

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2324366

vendredi 10 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2324366
TypeDécision
Avocat requérantBOILEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2023, M. B A, représenté par

Me Carole Yturbide, demande au juge des référés du tribunal de prescrire une expertise médicale, au contradictoire du Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts (CHNO) et de la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-Saint-Denis, en vue de déterminer les préjudices subis lors de sa prise en charge à l'hôpital et de déterminer les responsabilités encourues.

Il soutient que la conduite d'une expertise est utile afin de savoir si sa prise en charge au CHNO a été conforme aux règles de l'art.

Par un mémoire, enregistré le 6 novembre 2023, le Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts (CHNO), représenté par Me Chrystelle Boileau, indique qu'il s'en remet à la décision du tribunal. Il informe le juge des référés de ses protestations et réserves sur les faits exposés dans la requête, demande à ce que la mission de l'expert soit complétée selon les termes de son mémoire, que l'expert puisse s'adjoindre un sapiteur et dépose un pré rapport, et demande à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de M. A.

Par un mémoire, enregistré le 15 novembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-Saint-Denis fait part de son intervention volontaire.

Elle soutient qu'à ce stade, elle ne peut pas évaluer le montant des prestations fournies.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction "

2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.

3. M. A, né le 3 octobre 1983, présentant une forte myopie et une très faible acuité visuelle, a subi une intervention en 2002 en Tunisie pour la pose d'un implant de chambre antérieure. Il a ensuite consulté à plusieurs reprises au Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts (CHNO), de manière certaine à compter de l'année 2016, où une intervention sur la cataracte avec l'explantation de l'implant était programmée le 30 juin 2021 mais n'a pu être menée à terme en raison de l'absence de l'implant. M. A allègue qu'une intervention chirurgicale a eu lieu postérieurement et qu'il a depuis lors perdu l'usage de son œil gauche. Il soutient qu'il n'était pas informé des risques de cette intervention et il sollicite une expertise médicale afin de savoir si les conditions de sa prise en charge au CHNO étaient conformes aux règles de l'art.

4. Toutefois, si M. A allègue qu'une intervention s'est déroulée, il n'en précise ni la date, ni les modalités retenues par l'équipe médicale, et ne fournit pas, par les seules pièces qu'il produit, les éléments permettant au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée. Il s'ensuit qu'en l'état de l'instruction, il y a lieu de rejeter la requête de M. A.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts et à la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 10 mai 2024

La juge des référés,

M. Dhiver.

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2324366/11-6

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