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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2325235

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2325235

vendredi 3 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2325235
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Pafundi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'urgence est avérée dès lors que, d'une part, il est exposé à une mesure d'éloignement et est convoqué le 8 novembre prochain en vue de son transfert vers la Bulgarie, d'autre part, le préfet de police n'a pas informé les autorités bulgares de la prolongation du délai de transfert ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile ;

- l'examen de sa demande d'asile incombe à la France dès lors que les autorités bulgares n'ont pas été informées de la prolongation du délai de transfert et qu'il ne saurait être regardé comme étant en fuite.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie.

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.

3. M. A, ressortissant afghan, a sollicité le bénéfice de l'asile le 8 décembre 2022 et, par un arrêté du 17 mars 2023, le préfet de police a ordonné son transfert aux autorités bulgares. Estimant que la France est devenue responsable de sa demande d'asile, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile.

4. Pour justifier de l'urgence, M. A soutient qu'il est convoqué à la préfecture de police le 8 novembre prochain en vue de son transfert vers la Bulgarie, sans toutefois fournir aucun document à l'appui de cette affirmation, notamment ladite convocation. En outre, à supposer même que les autorités bulgares n'auraient pas été informées de la prolongation du délai de transfert, cette circonstance ne saurait caractériser une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la situation d'urgence particulière définie par les dispositions de cet article ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Pafundi.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 3 novembre 2023.

La juge des référés,

M. DHIVER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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