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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2325273

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2325273

mercredi 31 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2325273
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 3e Chambre
Avocat requérantLARROQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023, Mme B E, représentée par Me Larroque, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet de police du 20 septembre 2023 pris à son encontre portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour temporaire avec autorisation de travail dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut, de lui enjoindre de réexaminer la situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de le munir, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- la décision a été prise par un auteur incompétent ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du même code ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du même code et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par un auteur incompétent ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- par voie d'exception, elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision de refus de titre qui est entachée d'illégalité ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Rohmer.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B E, né le 6 avril 1981 à Blaou en Côte d'Ivoire, dont elle est ressortissante, a demandé son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 septembre 2023, le préfet de police lui a opposé un refus et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont elle a la nationalité. Par la requête susvisée, Mme E demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Par un arrêté n° 2023-00059 du 11 septembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme A C, attachée d'administration de l'Etat, cheffe de la division de l'immigration familiale, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des textes dont elle fait application et mentionne avec suffisamment de précisions les éléments de la situation personnelle de Mme E sur lesquels elle est fondée. En outre, il ne ressort pas des motifs de la décision attaquée ou des autres pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation de Mme E avant de prendre la décision litigieuse. Les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen sérieux doivent donc être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L .425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical () est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". L'article R. 425-13 de ce code dispose que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier et plus précisément de l'avis en date du

6 septembre 2023 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), joint par le préfet de police à son mémoire en défense, que les médecins l'ayant rendu avaient été désignés par le directeur général de l'OFII et que le médecin ayant établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII ayant rendu l'avis, conformément aux dispositions de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la violation de ces garanties doit donc être écarté. Il en résulte que le moyen tiré de l'absence de délibération collégiale ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police se serait cru lié par l'avis qui vient d'être mentionné. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et, en cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme E souffre d'un diabète de type II avec une hypertension artérielle et d'une dyslipidémie. Par un avis du 6 septembre 2023, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a considéré que si l'état de santé de Mme E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier que Mme E suit un traitement composé notamment de Ramipril, Metformine, Nifedipine et Trandate. La requérante soutient qu'elle ne peut bénéficier d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire, en produisant des courriers électroniques datant d'août 2023 émanant du laboratoire ASPEN, titulaire de l'autorisation de mise sur le marché au niveau mondial indiquant que le Trandate 200 mg n'est pas commercialisé en Côte d'Ivoire. Toutefois, le préfet de police fait valoir, sans être contredit, que le Trandate est une marque de médicaments fabriquée à partir de la molécule " Labétalol ", et que cette dernière est disponible en Côte d'Ivoire et figure bien dans la liste nationale des médicaments essentiels et du matériel bio-médical produite par la requérante, sous le nom " D ". Dans ces conditions, Mme E, qui ne produit aucune pièce médicale décrivant sa pathologie et les modalités de son traitement, ne peut être regardée comme apportant des éléments de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En cinquième lieu, eu égard ce qui a été dit au point 8, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant d'admettre Mme E au séjour sur ce fondement, le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée, compte tenu de son état de santé.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Pour soutenir que l'arrêté attaqué porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée, Mme E soutient être entrée en France le 13 mars 2020, y résider continuellement depuis trois ans et être en concubinage avec un ressortissant ivoirien titulaire d'un titre de séjour avec lequel elle a eu un enfant né en France le 9 août 2022. Toutefois il ressort des pièces du dossier que Mme E ne fait état d'aucune insertion professionnelle en France. En outre, la carte de séjour temporaire produite à l'instance de son concubin, qui est de même nationalité qu'elle, a expiré en septembre 2023. Enfin, il n'est pas allégué qu'elle serait dépourvue de tout lien dans son pays d'origine, dans lequel trois de ses enfants mineurs vivent. Il s'ensuit que les moyens tirés de la violation des dispositions de l'article L. 423-23 et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent donc être écartés.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes ses décisions les concernant. La requérante n'établit pas que la décision attaquée porterait une atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, alors que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays dont toute la famille a la nationalité. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme E ne saurait se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué expose les considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la décision de refus de titre de séjour dont la décision portant obligation de quitter le territoire découle. Cette dernière est par suite suffisamment motivée.

15. En troisième lieu, aux termes des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code, compte tenu de son état de santé : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

16. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que compte tenu de l'état de santé de Mme E, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les dispositions précitées.

17. En quatrième lieu, eu égard à la situation personnelle de Mme E rappelée au point 11, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en édictant la décision litigieuse, le préfet de police aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressée compte tenu de son état de santé, pour les motifs exposés au point 8 du présent jugement.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme E ne saurait se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

20. La décision portant refus de séjour comporte, dans ses visas et ses motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Cette décision, qui indique qu'elle est assortie d'une obligation de quitter le territoire et qui fixe le pays de destination est donc suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de destination, laquelle n'a pas à comporter de motivation distincte de celle de la décision de refus de titre, doit être écarté.

21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête, y compris celles à fins d'injonction et de mise en œuvre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Larroque et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rohmer, président,

Mme Dousset, première conseillère,

M. Lenoir, conseiller,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 31 janvier 2024.

Le président-rapporteur,

B. ROHMER

L'assesseure la plus ancienne,

A. DOUSSETLa greffière,

S. CAILLIEU-HELAIEM

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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