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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2325274

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2325274

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2325274
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET INFLUXIO (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, Madame A B épouse C, représentée par Me Bigot-Joly, de l'AARPI Influxio Avocats, demande au juge des référés du tribunal :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 25 septembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de Police de Paris de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, sur le fondement de l'article L.423-23 du même code ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée a pour effet de la priver de toute vie commune avec son époux et de toute jouissance du domicile conjugal pendant une durée indéterminée.

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- en lui refusant le titre de séjour au motif qu'elle n'était pas titulaire d'un visa de long séjour, le préfet de police a commis une erreur de droit ;

- le préfet de police a méconnu les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 423-23 du même code ;

- sa décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle porte atteinte à son droit de propriété.

Vu :

- la requête, enregistrée le 3 novembre 2023, sous le n° 2325275, par laquelle Madame A B épouse C demande l'annulation de la décision attaquée ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Amadori, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, il résulte des pouvoirs confiés au juge administratif par les dispositions des articles L. 614-4 et L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des délais qui lui sont impartis pour se prononcer et des conditions de son intervention, que la procédure spéciale prévue par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative. Ces procédures particulières sont exclusives de celles prévues par le livre V du code de justice administrative. Il en va autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement soit de l'article L. 614-4, soit sur le fondement des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit successivement des deux, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.

3. En l'espèce, Madame B épouse C est entrée sur le territoire français le 25 septembre 2017 selon ses déclarations. Elle a présenté le 12 décembre 2022 une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Par une décision du 25 septembre 2023, le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'état de l'instruction, il apparaît, d'une part, que Mme B épouse C, qui fait valoir que la décision de refus de titre assortie d'une obligation de quitter le territoire français ne lui a été notifiée que le 18 octobre 2023, a régulièrement saisi le juge de l'excès de pouvoir par une requête enregistrée le 3 novembre 2023 sous le n° 2325275. D'autre part, le juge de l'excès de pouvoir sera amené à se prononcer à l'issue d'une audience publique qui se tiendra le 17 janvier 2024.

4. En application des principes exposés au point 2 de la présente ordonnance, les conclusions de Madame A B épouse C tendant à la suspension de l'exécution de cette décision sont manifestement irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

5. Par ailleurs, la présente ordonnance n'impliquant aucune mesure d'exécution, doivent également être rejetées les conclusions de Madame A B épouse C tendant à ce qu'une injonction soit délivrée au préfet de police. Enfin, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Madame B épouse C puisse obtenir le remboursement de ses frais liés au litige.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Madame B épouse C doit être rejetée.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Madame B épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B épouse C.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de police de Paris et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Fait à Paris, le 9 novembre 2023.

Le juge des référés,

A. AMADORI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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