lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2325470 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | DELIMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2023, Mme A C, représentée par Me Delimi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 août 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (B) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées ;
3°) d'enjoindre à B de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois d'août 2022 dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de trois jours ;
4°) de mettre à la charge de B la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat, ou dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article D. 553-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le non-renouvellement de son attestation de demandeur d'asile est imputable à l'administration ;
- B s'est cru en situation de compétence liée par rapport à la décision du préfet de police portant placement en fuite ;
- sa fuite n'est pas démontrée ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 4 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Deniel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante ivoirienne née le 25 décembre 1977, a sollicité le bénéfice de l'asile le 12 avril 2022 et a été placée en procédure " Dublin ". Le 13 avril 2022, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (B) lui a accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 4 juillet 2022, le préfet de police a ordonné le transfert de Mme C vers l'Espagne, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile. L'intéressée a été placée en fuite par le préfet de police le 31 août 2022 et il a été mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées à compter du mois de septembre 2022. Le 7 mars 2023, l'intéressée s'est présentée en préfecture et s'est vu opposer un refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale au motif que son délai de transfert avait fait l'objet d'une prolongation de six mois. Par un jugement du 13 juin 2023, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision implicite par laquelle B a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil et a enjoint au directeur territorial de B de procéder au réexamen de la situation de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Par une décision du 25 août 2023, le directeur territorial de B a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-16, D. 553-1 et D. 553-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles s'est fondé le directeur territorial de B pour suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui avaient été accordées à Mme C.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur territorial de B n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante avant l'édiction de la décision attaquée.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que pour édicter cette décision le directeur territorial de B se serait estimé en situation de compétence liée par la décision du préfet de police portant placement de la requérante en fuite.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Sont admis au bénéfice de l'allocation prévue au présent chapitre, les demandeurs d'asile () qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile () ". Aux termes de l'article D. 553-25 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 551-14, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que les demandeurs d'asile ne peuvent percevoir l'allocation pour demandeurs d'asile que s'ils sont titulaires d'une attestation de demande d'asile en cours de validité, et que le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration.
7. Pour suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de Mme C B s'est fondé sur la circonstance qu'elle n'était pas titulaire d'une attestation de demande d'asile en cours de validité. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que l'attestation de demandeur d'asile dont Mme C était titulaire est parvenue à expiration le 11 mai 2022 et n'a pas été renouvelée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante, qui a été placée en fuite, aurait obtenu le renouvellement de son attestation de demandeur d'asile et que ce non-renouvellement serait imputable à l'administration. Dès lors que C n'était plus titulaire d'une attestation en cours de validité, le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile pouvait être suspendu. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que B a fait une inexacte application des dispositions de l'article D. 553-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En cinquième lieu, Mme C ne peut utilement contester le bienfondé de son placement en fuite à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil fondée sur l'absence d'attestation de demandeur d'asile en cours de validité.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, la requérante bénéficiait d'un hébergement avec son compagnon. Les circonstances que leur fille était alors âgée de seulement quatre ans et scolarisée et que la requérante est atteinte d'une maladie infectieuse nécessitant un traitement, ne sont pas, à elles seules, de nature à caractériser une situation de vulnérabilité particulière que B aurait inexactement appréciée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du directeur territorial de B du 25 août 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Delimi et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Deniel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
C. Deniel
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2325470/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026