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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2326110

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2326110

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2326110
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantVIEGAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2023, le fond de dotation " Forum européen des femmes musulmanes ", représentée par Me Viegas, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 septembre 2023 par laquelle le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a, notamment, renouvelé pour une période de six mois une précédente décision de suspension de son activité, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est justifiée dès lors que la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ;

- la décision attaquée a été prise ne méconnaissance de l'article L. 122-2 du code des relations entre l'administration et le public ; elle est entachée d'erreurs des faits qui la motivent.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 novembre 2023 sous le numéro 2326109 par laquelle le fonds " Forum européen des femmes musulmanes " demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Pour justifier l'urgence, requise des dispositions précitées au vu de laquelle le juge des référés relevant en outre un moyen propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité d'une décision peut en suspendre l'exécution, le fonds " Forum européen des femmes musulmanes " soutient que la décision attaquée du 11 septembre 2023, notifiée le 13 septembre suivant, selon les termes mêmes de la requête, préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation et aux intérêts qu'il entend défendre. Il fait valoir que la suspension de son activité " perturbe gravement les opérations courantes ", " entrave () sérieusement son bon fonctionnement et sa capacité à atteindre ses objectifs ", l'empêche " d'administrer ses actifs [et de] réaliser les investissements nécessaires ". Il fait valoir, en outre, que cette décision fait obstacle à la poursuite des activités de la principale association qu'elle finance, le " Forum européen des femmes musulmanes ", qui a dû " renoncer totalement à certains de [ses] projets. Toutefois, par ses écritures le fonds requérant n'apporte strictement aucune précision quant à la nature et la consistance des opérations courantes qu'il effectuerait ou devrait effectuer, quant aux objectifs qu'il serait empêché d'atteindre, enfin quant aux projets auxquels l'association " Forum européen des femmes musulmanes " aurait dû renoncer. Si en outre, le fonds " Forum européen des femmes musulmanes " se réfère, pour décrire sa situation financière précaire, à une attestation de son expert-comptable, annexée à sa requête, il ressort des termes de cette attestation que son auteur attire l'attention sur l'urgence de l'évolution de la situation financière du fonds afin de lui permettre d'assurer la continuité de ses actions et l'achèvement de ses missions sans contenir le moindre chiffre et alors que les documents comptables produits, auxquels cette attestation ne semble d'ailleurs pas se référer, ne sont accompagnés d'aucun commentaire permettant d'apprécier l'incidence des décision successives de suspension de l'activité du fonds requérant et se rapportent, en tout état de cause à l'exercice clôt le 31 décembre 2022. Enfin, alors que la décision attaquée a été notifiée au requérant le 13 septembre 2023, sa requête n'a été réenregistrée au tribunal que le 13 novembre suivant, soit deux mois après le début de son exécution et au tiers de la durée de ses effets, le délai ainsi écoulé n'étant lui-même justifié par aucun élément. Dans ces conditions l'urgence dont se prévaut le fonds " Forum européen des femmes musulmanes " n'est pas caractérisée.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête du fonds " Forum européen des femmes musulmanes " ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1 er : La requête de du fonds " Forum européen des femmes musulmanes " est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au fonds " Forum européen des femmes musulmanes ".

.

Copie en sera adressée au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Fait à Paris, le 16 novembre 2023.

Le juge des référés,

J.F. A

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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