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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2326264

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2326264

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2326264
TypeDécision
Avocat requérantMAZURU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Christin, demande au juge des référés du tribunal de prescrire une expertise médicale sur le fondement de l'article R. 531-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), de Sogea Ile-de-France et SMA SA, en vue de chiffrer les préjudices subis à la suite d'une chute survenue le 20 septembre 2018, rue de la Parcheminerie, dans le 5e arrondissement de Paris et de déterminer les responsabilités encourues.

Il soutient que l'accident qu'il a subi en se prenant le pied dans des palissades de fer sur le trottoir alors que la CPCU faisait des travaux est en lien avec ces travaux publics et engage la responsabilité de la CPCU.

Par deux mémoires, enregistrés le 21 février 2024 et le 7 mars 2024, la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), représentée par Me Beaumont, informe le juge de référés de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée.

Elle soutient que :

- la demande est privée de tout fondement juridique ;

- le requérant ne rapporte pas la preuve que la responsabilité de la concluante serait engagée ;

- la société Sogea IDF ne contestant pas avoir été en charge du matériel de chantier sur lequel M. B déclare avoir trébuché, sa présence à l'expertise est par conséquent utile.

Par un mémoire, enregistré le 28 février 2024, la société Sogea Ile-de-France, représentée par Me Mazuru, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que compte-tenu de l'obligation de prudence qui s'imposait à M. B en qualité d'usager de la voie publique qui traverse une zone de travaux, l'accident lui est entièrement imputable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 531-1 du code de justice administrative : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation des faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. "

2. M. B fait valoir qu'il a chuté, le 20 septembre 2018, en trébuchant sur des matériels de chantiers présents du fait de travaux engagés par la Compagnie parisienne de chauffage urbain, rue de la Parcheminerie à Paris, alors qu'il marchait en direction de l'entreprise Ginkgo aux fins d'y signer un contrat de travail. Cet accident lui a causé notamment une entorse au niveau de l'épaule et lui a occasionné un arrêt de travail jusqu'au 3 novembre 2019, le privant également de la possibilité de signer son nouveau contrat de travail à durée indéterminée. Soutenant que son assureur s'est heurté à un refus d'indemnisation de la part de CPCU et de Sogea Ile-de-France qui réalisait les travaux, M. B demande au juge des référés de désigner un expert médical afin de chiffrer ses préjudices.

3. Il résulte toutefois de l'instruction que M. B a sollicité le juge des référés sur le fondement de l'article R. 531-1 du code de justice administrative et que les missions qu'il sollicite, afin de déterminer ses préjudices consécutivement à cet accident, vont au-delà du champ de saisine de l'expert sur ce fondement.

4. Il s'ensuit dès lors qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), Sogea Ile-de-France et SMA SA.

Fait à Paris, le 22 juillet 2024.

La juge des référés,

M. Dhiver

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2326264/11-5

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