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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2326613

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2326613

vendredi 8 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2326613
TypeDécision
Avocat requérantCABINET KOSZCZANSKI, BERDUGO AVOCATS ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2023, M. B A, représenté par le cabinet Koszczanski et Berdugo avocats, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une date de rendez-vous et une convocation pour lui permettre de déposer une demande de délivrance de titre de séjour sur le fondement d'une admission exceptionnelle au séjour, et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail pour la durée de l'examen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité dans laquelle il se trouve d'obtenir une date de convocation le maintien en situation irrégulière, et l'expose à une obligation à quitter le territoire français et à la perte de son emploi dès lors que son contrat de travail a été suspendu à compter du 20 novembre 2023 et qu'il sera licencié le 13 décembre 2023 ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'il a fait parvenir sa demande le 13 décembre 2022, accompagnée des pièces nécessaires, qu'il a relancé la préfecture à cinq reprises entre les mois d'avril et d'août 2023, qu'il demeure dans l'attente d'un rendez-vous et d'un récépissé le temps de voir sa situation examinée, et de sécuriser son emploi auprès de la société " Vin et Marée " ;

- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.

3. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant algérien, né le

14 novembre 1991, a sollicité le 13 décembre 2022 son admission au séjour en adressant un formulaire de demande, accompagné des pièces justificatives requises, et sollicité un rendez-vous au moyen de la messagerie dédiée mise en place par la préfecture de police, sans toutefois obtenir de date de rendez-vous pour déposer son dossier, en dépit de cinq relances entre le mois d'avril et août 2023. Toutefois, M. A, qui se borne à alléguer qu'il est présent en France depuis le 8 janvier 2017, et est employé en qualité de chef de rang - écailler au sein de la société " Vin etMarée " depuis le 16 mars 2018, et qu'il travaille en contrat à durée indéterminée depuis le 1er octobre 2018, n'a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation que près de six ans après son arrivée en France et s'est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période. Le requérant qui, pour justifier l'urgence à obtenir une mesure du juge des référés, fait valoir qu'il dispose d'un dossier complet depuis neuf mois, que son contrat est suspendu et qu'il risque une procédure de licenciement à compter du

13 décembre 2023 ne justifie pas, à ce stade, de circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Paris, le 8 décembre 2023.

La juge des référés,

V. D C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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