mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2326667 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 novembre 2023 et le 3 décembre 2023, M. D A, représenté par Me Zubaroglu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire et réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français :
- l'interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit d'étudier et de travailler.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est inexistante ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 23 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Hermann Jager.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 18 mai 1995, entré en France le 6 septembre 2021 muni de son passeport revêtu d'un visa de long séjour, a sollicité, le
24 mai 2022, le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 novembre 2023, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 75-2023-511 du 11 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. B C, attaché principal d'administration de l'Etat et adjoint à la cheffe de la division de la rédaction et des examens spécialisés, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
3. En second lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés n'est assorti d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et, en tout état de cause, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la violation de ces stipulations. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la légalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a quitté l'établissement Jules Renard de Nevers dans lequel il était inscrit en 1ère année BTS " Production - électronique " au titre de l'année scolaire 2021-2022 pour s'inscrire à l'Ecole des " Pros-Groupe Skill et You " de Montrouge, en CAP " maintenance de véhicules et s'est parallèlement inscrit auprès d'un établissement d'enseignement à distance. Il ne justifie ainsi pas de la nécessité de son maintien sur le territoire français ni de l'octroi d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Si M. A soutient qu'il a été contraint de quitter sa première formation à Nevers en raison de difficultés financières, notamment pour se loger, et qu'il a été obligé de s'installer à Paris pour pouvoir être hébergé par des parents proches, il ne l'établit pas. Enfin, M. A se prévaut de ce que sa présence sur le territoire français est nécessaire dès lors qu'il doit effectuer des stages en mécanique dans le cadre de sa formation, mais n'en justifie pas. En l'absence d'éléments concrets, précis et circonstanciés sur les modalités du stage et sur la réalité de ce dernier dans le cadre de l'obtention du diplôme de CAP " maintenance de véhicules ", cette seule allégation ne permet pas d'infirmer l'appréciation portée par le préfet sur le caractère réel et sérieux des études poursuivies. Dans ces conditions, en lui refusant le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles le préfet de police ne s'est pas fondé et dont il n'établit pas avoir sollicité le bénéfice.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.
9. En deuxième lieu, si le requérant allègue que le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, ces deux moyens ne sont assortis d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
10. En dernier lieu, si l'obligation de quitter le territoire français porte préjudice à la situation scolaire et à l'activité professionnelle de M. A, ces circonstances ne suffisent pas à établir que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de l'intéressé.
Sur les conclusions présentées contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
11. Si M. A soutient que la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte manifestemment disproportionnée à son droit d'étudier et de travailler, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour mention " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trentre jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné mais qu'il n'a pas prononcé à l'encontre du requérant d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hermann Jager, présidente, rapporteure,
- Mme Perfettini, présidente honoraire de tribunal administratif,
- Mme Desmoulières, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Hermann Jager
L'assesseure la plus ancienne,
D. Perfettini La greffière,
R. Boudina
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512695
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le requérant, un ressortissant guinéen, contestait notamment la mesure au motif qu'il serait mineur. Le tribunal a jugé qu'il lui appartenait, saisi d'un recours suspensif, de statuer sur l'allégation de minorité avant de se prononcer sur la légalité de l'OQTF, conformément aux articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2528203
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par un ressortissant algérien contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, assorti d'une interdiction de retour. La juridiction a estimé que la décision était régulière, notamment quant à la compétence de la signataire, la motivation suffisante et l'examen de la situation personnelle du requérant. Elle s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses articles L. 611-1 et L. 612-10.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600391
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal estime que l'arrêté, pris par un agent disposant d'une délégation régulière, est légal et suffisamment motivé. Il constate que le préfet a respecté les exigences de vérification du droit au séjour et d'examen de la situation personnelle prévues par les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2526589
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant sénégalais, qui demandait l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait légalement exercé son pouvoir discrétionnaire pour apprécier l'opportunité d'une régularisation au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable via l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006. Elle a estimé que l'autorité administrative avait dûment pris en compte les éléments de la situation personnelle du requérant, sans méconnaître ses droits.
08/04/2026