vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2327386 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2023, M. H C, Mme J B épouse C, agissant en leur nom personnel et au nom de leurs enfants mineurs, I H C né le 28 octobre 2020 et D C née le 9 mai 2023, représentés par Maître G, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet compétent de leur proposer un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social, dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à Maître G au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle provisoire, de leur verser cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la famille présente une vulnérabilité particulière car les deux enfants sont âgés respectivement de 3 ans et 6 mois et les parents comme les enfants présentent des problèmes de santé ;
- il y a une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit à l'hébergement d'urgence, en raison de la carence caractérisée de l'Etat.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2023, le préfet de Paris, préfet de la région Île-de-France conclut, dans son premier mémoire, au rejet de la requête, puis, dans son second mémoire, au non- lieu à statuer.
Il soutient que :
- il n'y a pas de carence caractérisée de l'Etat car la famille a quitté volontairement l'hébergement provisoire dont elle bénéficiait en Bretagne, sans prévenir le service d'action sociale (SAS) ;
- en tout état de cause, la requête a perdu son objet car la famille est hébergée dès ce soir en Île-de-France et sera orientée à compter du mardi 5 décembre vers la région Centre Val-de-Loire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 647-91 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Drai, greffier d'audience, Mme E a lu son rapport et entendu :
- les observations de Maître G, pour les requérants, présents, qui prend acte de la proposition d'hébergement et de ce que la requête a perdu son objet, tout en maintenant ses conclusions tendant au paiement des frais irrépétibles car sans requête en référé liberté, cette famille ne se serait pas vue proposer un hébergement ;
- les observations de Maître Gorse, pour le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, qui conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la demande de frais irrépétibles en l'absence de carence caractérisée de l'Etat, la famille ayant quitté volontairement l'hébergement provisoire dont elle bénéficiait en Bretagne et l'accompagnement social dont elle y disposait.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. H C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
3. Il ressort des pièces soumises au juge des référés que le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, a demandé à la famille C de se rendre au centre GL Event situé 20 avenue de la Porte de la Villette à Paris pour une prise en charge dès ce soir et une orientation à compter du mardi 5 décembre 2023 vers le SAS de la région Centre-Val de Loire. Dès lors, la requête a perdu son objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
4. M. H C ayant été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. H C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. H C, de Mme J B épouse C, agissant en leur nom personnel et au nom de leurs enfants mineurs, I H C et D C.
Article 3 : Les conclusions des consorts C présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. K, à Mme J B épouse C, agissant en leur nom personnel et au nom de leurs enfants mineurs, à A G et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 1er décembre 2023.
Le juge des référés,
Anne E
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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