mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2327628 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | BERTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Berté, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions des articles l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus du titre de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- par voie d'exception, elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision de refus du titre de séjour qui est entachée d'illégalité ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- par voie d'exception, elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision de refus du titre de séjour qui est entachée d'illégalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme B par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 15 décembre 2023.
Par une ordonnance du 4 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique ont été entendus :
-le rapport de Mme Vidal, présidente-rapporteure,
-et les observations de Me Berté pour Mme B, présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante sénégalaise née le 16 avril 2002, est entrée en France le
9 octobre 2020 et a obtenu un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du
13 octobre 2023, le préfet de police de Paris a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être renvoyée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / (). ". Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, après avoir réalisée une première année de " Bachelor professionnel Management et gestion de l'entreprise " au sein de l'Ecole de management finance droit (ESAM), s'est inscrite pour une deuxième année dans le même établissement. Cependant, à la fin de l'année, Mme B n'a pas pu solder ses frais de scolarités, ce qui a conduit l'école à lui refuser la délivrance de son certificat d'étude. Le 14 décembre 2022, l'intéressée s'est alors inscrite au titre de l'année 2022-2023 en classe préparatoire à l'entrée en école d'infirmier.
4. Comme l'a indiqué dans sa décision contestée le préfet de police, cette inscription en classe préparatoire ne s'inscrit pas dans une démarche cohérente mais constitue une régression dans les études de l'intéressée et leur poursuite au sein de l'Ecole de formation à distance (EFM Santé Social) ne nécessitait pas sa présence en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette inscription a été rendue indispensable par l'impossibilité qu'elle a eue, malgré de bons résultats scolaires, de s'inscrire en troisième année au sein de l'ESAM, faute de pouvoir solder ses frais de scolarités à temps. Par suite, à la date de l'arrêté attaqué, Mme B justifiait du caractère réel et sérieux de ses études en France. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de police, en rejetant sa demande de renouvellement de titre de séjour avec la mention " étudiant ", a méconnu les dispositions rappelées au point 2 et entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 13 octobre 2023 par lequel il a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être renvoyée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, son exécution implique nécessairement la délivrance, au profit de l'intéressée, du titre de séjour qu'elle sollicitait. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 15 décembre 2023. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Berté, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Berté de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 13 octobre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Berté, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Berté et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Vidal, présidente ;
- Mme Grossholz, première conseillère,
- Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
La présidente-rapporteure,
S. VIDAL
L'assesseur la plus ancienne,
C. GROSSHOLZ
La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
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01/04/2026