LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2327918

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2327918

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2327918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantPEYRET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la société Bistrot d'Enghien, qui contestait le rejet de sa demande d'aide au titre du fonds de solidarité Covid-19 pour avril 2021. Le tribunal a jugé la requête recevable, considérant que le recours contentieux, formé après un rejet gracieux, visait également la décision initiale de rejet. Il a annulé la décision attaquée du 18 avril 2023, estimant que le motif de clôture du fonds au 30 juin 2022 ne pouvait légalement justifier le rejet d'une demande antérieure, et a enjoint à l'administration de réexaminer la demande dans un délai de deux mois, en application notamment du décret n° 2020-371.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 décembre 2023, le 7 et le 29 août 2024, la société Bistrot d'Enghien, représentée par Me Peyret, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 18 avril 2023 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour le mois d’avril 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 ;

2°) d’enjoindre à l’administration de lui verser l’aide demandée, à savoir la somme de 25 082 euros pour le mois d’avril 2021 ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai d’un mois à compter du présent jugement ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Bistrot d'Enghien soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de vice de forme en ce qu’elle ne comporte ni le prénom, ni le nom, ni la qualité de son auteur ;
- sa requête est recevable dès lors qu’aucune décision de rejet précédente ne mentionnait les voies et délais de recours et que l’administration l’a autorisée à adresser de nouvelles demandes au titre du mois d’avril 2021 ;

- la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit dès lors que la clôture du fonds de solidarité au 30 juin 2022 ne peut justifier le rejet de sa demande au titre d’avril 2021 déposée avant la clôture du fonds ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’elle remplit l’ensemble des conditions fixées par le décret n° 2020-371 pour bénéficier des aides au titre du mois d’avril 2021.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2024 et le 14 août 2024, la directrice régionale, des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- la requête est tardive, la décision du 18 avril 2023 n’ayant qu’un caractère confirmatif ;
- la requête relevant du plein contentieux, les vices propres dont seraient éventuellement entachées les décisions sont sans incidence sur la solution du litige ;
- les autres moyens soulevés par la société Bistrot d'Enghien ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- l’ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le décret n°2020-1328 du 2 novembre 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Desmoulière,
- les conclusions de Mme Laforêt, rapporteure publique,
- et les observations de Me Peyret, représentant la société Bistrot d’Enghien.


Considérant ce qui suit :

1. La société Bistrot d’Enghien qui demande l’annulation de la décision du 18 avril 2023, doit être regardée comme demandant également au tribunal d’annuler les décisions du 10 mai 2021, du 10 mars 2022 et du 18 avril 2023 qui ont précédé cette dernière décision, par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour le mois d’avril 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19.

Sur le cadre du litige :

2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.

3. La société Bistrot d’Enghien, qui exploite un établissement de restauration, a effectué le 10 mai 2021 une demande d’aide du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre du mois d’avril 2021. Par une décision du même jour, l’administration des finances publiques a rejeté la demande d’aide au motif que les informations présentes dans la demande s’agissant du chiffre d’affaires différaient de celles en possession de l’administration. La société requérante a par la suite présenté ses observations à l’administration, réitéré sa demande d’aide et adressé des documents à l’administration fiscale. Ces demandes, qui constituent des recours gracieux présentés à la suite des décisions du 10 mai 2021 et du 10 mars 2022, ont été rejetées par une décision 18 avril 2023 au motif de la clôture du fonds de solidarité le 30 juin 2022. Dans ces conditions, il y a lieu de regarder les conclusions de la société Bistrot d’Enghien comme étant dirigées également contre la décision initiale du 10 mai 2021 et les décisions prises sur les deux recours présentés par la requérante.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ». Il résulte de ces dispositions qu’en l’absence d’un accusé de réception comportant les mentions prévues par ces dernières dispositions, les délais de recours contentieux contre une décision implicite de rejet ne sont pas opposables à son destinataire.

5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance ; qu’en une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable ; qu’en règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.

6. L’administration soutient que les conclusions à fin d’annulation sont tardives, dès lors qu’elles ont été présentées au-delà du délai raisonnable d’un an à compter de la date à laquelle les décisions initiales des 10 mai 2021 et du 10 mars 2022 rejetant les demandes d’aide pour le mois d’avril 2021 sont intervenues. Toutefois, d’une part, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que la société requérante n’a pas été informée des délais et voies de recours fixés par le code de justice administrative. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que l’administration a invité la société Bistrot d’Enghien à présenter ses observations, puis au terme des échanges, à déposer une nouvelle demande. La société requérante soutient par ailleurs, sans être contredite par l’administration, avoir présenté une nouvelle demande, notamment le 8 février 2022, rejetée le 10 mars 2022, avoir produit le 18 mars 2022 des observations accompagnées et nouvelles pièces et avoir sollicité des explications à l’administration sur le rejet de ses demandes, qui a fait l’objet d’une décision expresse de rejet le 18 avril 2023 au motif de la clôture du fonds de solidarité. Aussi, dans les circonstances particulières de l’espèce, l’administration n’est pas fondée à opposer une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigées contre les décisions rejetant les demandes d’aide au titre du mois d’avril 2021 dès lors que, par son comportement, elle a induit en erreur la requérante sur les conditions d'exercice de son droit de recours contre les décisions de refus qui lui ont été initialement opposées.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

7. Aux termes de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (…) », et, aux termes de l’article L. 212-2 de ce code : « Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice (…) ».

8. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées du 10 mai 2021, du 10 mars 2022 et du 18 avril 2023, notifiées par l’intermédiaire d’un téléservice, ne sont pas signées et ne comportent pas la mention du prénom, du nom et de la qualité de leur auteur, mais uniquement la mention « direction générale des finances publiques ». L’absence de ces mentions qui ne permet pas de s’assurer de la compétence de leur auteur méconnaît ainsi les dispositions précitées de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que ces décisions ayant rejeté ses demandes d’aide présentées au titre du mois d’avril 2021 sont illégales. Elle peut donc prétendre à leur annulation.

9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, les décisions attaquées doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

10. Compte tenu du motif d’annulation retenu, il y a lieu d’enjoindre à l’administration de réexaminer la situation de la société Bistrot d’Enghien tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour le mois d’avril 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il y ait lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés à l’instance :

11. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à la société Bistrot d’Enghien sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :


Article 1er : Les décisions du 10 mai 2021, du 10 mars 2022 et du 18 avril 2023, par lesquelles ont été rejetées les demandes d’aide exceptionnelle de la société Bistrot d’Enghien pour le mois d’avril 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris de procéder au réexamen des demandes de la société Bistrot d’Enghien tendant au bénéfice de l’aide financière exceptionnelle au titre du fonds de solidarité lié à l’épidémie de covid-19 pour le mois d’avril 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à la société Bistrot d’Enghien une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Bistrot d’Enghien est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Bistrot d'Enghien et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.



Délibéré après l'audience du 20 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,
M. Desprez, premier conseiller,
Mme Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.


La rapporteure,
P. DESMOULIERE

Le président,
J.-F. SIMONNOT

La greffière,



M.-C. POCHOT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l’industrie et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions