mercredi 13 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2328441 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2023, M. C B et Mme D A, agissant en leur nom personnel et au nom de leur enfant mineur, M. E B, représentés par Me Bassaler, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de leur accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent de leur proposer un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et assurer leur accompagnement social, dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à leur conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, si l'aide juridictionnelle ne leur était pas accordée, de leur verser directement cette somme.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors qu'ils vivent dans la rue avec leur fils âgée de quatre mois et que l'ensemble de la famille présente d'importants problèmes de santé ;
- la carence de l'Etat dans sa mission de mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri se trouvant dans une situation de détresse porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, notamment au droit à l'hébergement d'urgence compte tenu de leur vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2023, le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Falala, conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la famille est orientée à compter du 13 décembre 2023 au sein d'un hôtel à Villeparisis jusqu'au 19 décembre prochain puis sera orientée dans une structure d'accueil temporaire à Rouen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Drai, greffier d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Delesalle ;
- les observations de Me Bassaler, représentant de M. B et Mme A qui précise maintenir expressément les conclusions présentées au titre des frais liés au litige ;
- et les observations de Me Gorse, se substituant à Me Falala, représentant le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, qui insiste sur la rapidité des diligences accomplies pour héberger les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de leur requête, M. B et Mme A et leur enfant ont été orientés à compter du 13 décembre 2023 au sein d'un hôtel F1 à Villeparisis dans le département de Seine-et-Marne jusqu'au 19 décembre 2023, dans l'attente de l'orientation de la famille à compter de cette date dans une structure d'accueil temporaire à Rouen. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de M. B et de Mme A.
Sur les frais liés au litige :
4. Les requérants sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B et Mme A sont admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête de M. B et Mme A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à Mme D A, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, et à Me Bassaler.
Copie en sera adressée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 13 décembre 2023.
Le juge des référés,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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