vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2328526 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | BELYALETDINOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Belyaletdinova, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait ;
4°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer, à titre provisoire, une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil et de lui verser les sommes dues dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat ou de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui sera versée à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la seule convocation à laquelle elle ne s'est pas rendue est celle du 2 juin 2023 et qu'elle a, ce jour, consulté en urgence un médecin pour des douleurs très vives au niveau des poignets ;
- elle porte atteinte au droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise sans appréciation de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- en tout état de cause, Mme B n'établit pas qu'elle a procédé au renouvellement de son attestation de demandeur d'asile et que le défaut d'attestation serait imputable à l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 3 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2024.
Par une lettre du 3 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale sont irrecevables en raison du caractère confirmatif de cette décision, en l'absence de circonstances de fait ou de considérations de droit nouvelles postérieures à la décision de transfert (Conseil d'Etat, 27 octobre 2022, n° 465885).
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 201,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deniel,
- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante angolaise née le 12 mai 1987, a sollicité le bénéfice de l'asile le 7 novembre 2022 et a été placée en procédure " Dublin ". Le 9 novembre 2022, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 9 janvier 2023, le préfet de police a ordonné le transfert de Mme B vers l'Allemagne, pays responsable de sa demande d'asile. Ne s'étant pas présentée à l'enregistrement d'un vol à destination de l'Allemagne le 2 juin 2023, la requérante a été déclarée en fuite dans le cadre de la procédure Dublin et le délai de transfert vers l'Allemagne a été prolongé à dix-huit mois. Le 7 juin 2023, les services de la préfecture de police ont refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale. Par ailleurs, par une décision du 26 juillet 2023, le directeur général de l'OFII a décidé la cessation des conditions matérielles d'accueil dont Mme B bénéficiait. Par un courrier du 23 août 2023, réceptionné le 25 août 2023, la requérante a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Le silence gardé par le directeur général de l'OFII sur cette demande a fait naître une décision implicite de refus. Mme B demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et la décision implicite par laquelle l'OFII a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il ressort des pièces du dossier que par décision du 22 janvier 2024, postérieure à la date d'introduction de la présente requête, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale :
3. Lorsqu'un demandeur d'asile fait l'objet d'une décision de transfert vers l'État membre responsable de l'examen de sa demande en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, la décision de transfert emporte celle refusant de faire application à son bénéfice des dispositions du paragraphe 2 de l'article 3 et du paragraphe 1 de l'article 17 de ce règlement qui, respectivement, prévoient qu'il est " impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeur " et permettent à chaque Etat de " décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans [ce] règlement ". L'article 29 de ce règlement prévoit que le transfert s'effectue dans un délai de six mois, qui peut être porté à dix-huit mois maximum si la personne concernée prend la fuite, sans que cette prolongation ne donne lieu à l'adoption d'une nouvelle décision.
4. Lorsque, postérieurement à la décision ordonnant son transfert dans l'Etat responsable de sa demande, l'intéressé demande à l'autorité compétente que sa demande d'asile soit instruite " en procédure normale ", il doit être regardé comme demandant à cette autorité de reconnaître la compétence de la France pour examiner sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de dépôt de cette demande lui permettant de suivre la procédure devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
5. Le refus opposé à une telle demande constitue une décision susceptible de recours. Les conclusions d'annulation dirigées contre cette décision sont toutefois irrecevables s'il apparaît, en l'absence de circonstances de fait ou de considérations de droit nouvelles, pertinentes et postérieures à la décision de transfert, que ce refus se borne à confirmer purement et simplement celui de faire application des dispositions mentionnées ci-dessus du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en particulier de la clause dite " discrétionnaire " de l'article 17 de ce règlement, implicitement mais nécessairement inclus dans la décision de transfert. Une telle irrecevabilité doit, en particulier, être opposée à ces conclusions lorsque le demandeur soutient, sans l'établir, qu'ayant été considéré, à tort, comme étant en fuite pour l'application du paragraphe 2 de l'article 29 de ce règlement, le délai de transfert de six mois prévu au paragraphe 1 de cet article n'a pas été prolongé et que la décision de transfert ne peut plus, dès lors, être exécutée.
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courriel du 7 juin 2023, que le préfet de police a refusé d'instruire la demande d'asile présentée par Mme B en procédure normale au motif que le délai de transfert avait été prolongé jusqu'en mai 2024.
7. D'une part, le préfet de police établit que la France a informé l'Allemagne le 2 juin 2023 que le délai de transfert était prolongé jusqu'au 2 juin 2024. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme B ne s'est pas présentée le 2 juin 2023 à 10 heures 05 à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle (Roissy) en vue d'exécuter la décision de transfert vers l'Allemagne. Mme B fait valoir qu'elle a été regardée à tort comme étant en fuite dès lors qu'elle a été empêchée de se rendre à l'aéroport le 2 juin 2023 en raison de son état de santé, ainsi qu'elle en a averti la préfecture par courriel du 5 juin suivant, et qu'elle s'est rendue en préfecture lors d'un nouveau rendez-vous qui lui a été donné le 21 août suivant. Toutefois, la prescription d'un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) des deux poignets établie par un médecin généraliste le 2 juin 2023 ainsi que le compte rendu de l'IRM du poignet gauche en date du 21 juin suivant faisant état d'une ténosynovite de Quervain produits par la requérante ne permettent pas, au regard de leurs termes insuffisamment circonstanciés, de démontrer que Mme B se trouvait dans l'impossibilité de se présenter à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Dans ces circonstances, il ne ressort pas des pièces du dossier que c'est à tort que le préfet de police l'a placée en fuite. En application du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, le délai de transfert de six mois prévu au paragraphe 1 de cet article a pu légalement être prolongé et la décision de transfert peut dès lors toujours être exécutée.
8. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance de fait ou de droit nouvelle, pertinente et postérieure à la décision de transfert du 9 janvier 2023, la décision attaquée doit être regardée comme confirmant cette première décision et n'est pas susceptible de recours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision en litige sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil :
9. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ". Il résulte de ces dispositions que si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est mère d'un enfant né le 8 avril 2023 dont elle a seule la charge. Si l'OFII fait valoir qu'elle se maintenait dans l'hébergement vers lequel elle avait été orientée, il est constant que ce maintien présente un caractère irrégulier et de ce fait précaire. Dans ces conditions, eu égard à sa situation particulière de vulnérabilité tenant à sa situation de mère isolée d'un jeune enfant, Mme B est fondée à soutenir que l'OFII a entaché sa décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil d'une erreur d'appréciation.
11. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué. En outre, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
12. En l'espèce, dans son mémoire en défense qui a été communiqué à la requérante, l'OFII fait valoir que cette dernière ne pouvait pas prétendre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil en application des dispositions des articles D. 553-1 et D. 553-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Aux termes de l'article D. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Sont admis au bénéfice de l'allocation prévue au présent chapitre, les demandeurs d'asile () qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile (). / Lorsque le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et que l'attestation de demande d'asile a été retirée ou n'a pas été renouvelée par l'autorité administrative, en application de l'article L. 542-3, l'allocation pour demandeur d'asile est versée jusqu'aux termes prévus à l'article L. 551-14 ". Aux termes de l'article D. 553-24 de ce code : " Le versement de l'allocation prend fin dans les cas suivants : () 3° A compter de la date à laquelle l'attestation de demande d'asile a été retirée par l'autorité administrative ou n'a pas été renouvelée en application de l'article R. 573-2. ". Aux termes de l'article D. 553-25 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 551-14, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration. ".
14. Il ne résulte pas de l'instruction que l'OFII aurait pris la même décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait la requérante, s'il ne s'était initialement fondé que sur le motif tiré de ce que Mme B n'était pas titulaire d'une attestation de demande d'asile en cours de validité. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de procéder à la substitution de motifs sollicitée par l'administration.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision implicite de l'OFII portant refus de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B à compter du 25 octobre 2023, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
17. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Belyaletdinova, avocate de Mme B, renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 000 euros à verser à Me Belyaletdinova.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à son admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de Mme B dans les conditions mentionnées au point 16 du présent jugement, dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Belyaletdinova une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Belyaletdinova renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Belyaletdinova, au préfet de police et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, président,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Deniel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Deniel
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2328526/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026