jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2328531 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | POMMELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 13 décembre 2023, 4 et 11 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Pommelet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation afin d'obtenir une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros à son conseil, Me Pommelet, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il n'a pas obtenu d'autorisation provisoire de séjour en dépit de l'ordonnance du 4 juillet 2023 du juge des référés ordonnant au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, qu'il est ainsi maintenu en situation irrégulière et précaire, qu'il risque de perdre son emploi et qu'il se trouve dans l'impossibilité de renouveler sa demande de logement social ;
- la mesure est utile dès lors qu'il a tenté en vain de solliciter le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le préfet de police, représenté par le cabinet Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, né le 30 juin 2002, a bénéficié d'un titre de séjour " travailleur temporaire " qui a expiré le 10 janvier 2023. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et a été muni d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 30 novembre 2023. N'ayant pu obtenir le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de le convoquer afin de lui remettre une autorisation provisoire de séjour.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de
M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. En l'espèce, M. A a été mis en possession le 1er septembre 2023 d'une autorisation provisoire de séjour, en exécution d'une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris du 4 juillet 2023 et a demandé le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour, arrivée à expiration le 30 novembre 2023, sans réponse de la préfecture à ce jour. Toutefois, il résulte de l'instruction que par un courriel du 24 octobre 2023, que M. A ne conteste pas avoir reçu, les services de la préfecture de police lui ont demandé de compléter sa demande de renouvellement de titre de séjour par l'envoi d'une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à réception du courrier, demande à laquelle M. A n'a pas répondu. Ainsi, sa propre négligence est responsable du classement sans suite de sa demande par une décision du 7 décembre 2023. En l'absence des documents demandés, M. A ne peut préjuger d'une suite favorable donnée à sa demande de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Il s'en suit que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte afin d'obtenir une convocation pour se voir remettre une autorisation provisoire de séjour ne peuvent qu'être rejetées.
6 Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut être que rejetée, ainsi que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, Me Pommelet et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 8 février 2024.
La juge des référés,
A. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2328531/9