vendredi 15 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2328547 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SINGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Singh, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision implicite de refus de séjour du préfet de police du 29 octobre 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire " ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à plein temps et de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou, à défaut à son profit en application du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie ; il est dépourvu de tout document justifiant de la régularité de son séjour en France depuis le 9 avril 2022 et une entreprise souhaite le recruter ; il est sans ressources et en situation d'errance ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; elle est entachée d'incompétence ; elle n'est pas motivée ; elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ; elle méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2327420 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 1er novembre 2000 et de nationalité pakistanaise, est entré en France au cours de l'année 2015 et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 2 août 2021 dont il a demandé le renouvellement le 29 juin 2021. Sa demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet dont les motifs ne lui ont pas été communiqués en dépit de la demande présentée en ce sens le 4 juillet 2022. Il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision implicite de rejet.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Si la condition relative à l'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, M. A n'a introduit la présente requête que le 13 décembre 2023 alors qu'il résulte de l'instruction qu'il est informé depuis, à tout le moins, le 4 juillet 2022 de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour présentée le 29 juin 2021, cette date du 4 juillet 2022 étant celle à laquelle un courrier en demandant les motifs a été adressé au préfet. En outre, s'il fait valoir être sans ressources et en situation d'errance et sur le point de conclure un contrat de travail, il n'en justifie pas de manière suffisante en se bornant à produire une note sociale établie le 27 octobre 2023 qui ne précise pas ses conditions actuelles de vie et une proposition d'emploi insuffisamment circonstanciée datée du 4 novembre 2023. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative y compris celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Singh.
Fait à Paris, le 15 décembre 2023.
La juge des référés,
S. AUBERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.