mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2328842 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ORHANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, Mme B, représentée par Me Orhant demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil :
3°) d'enjoindre à l'OFII de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif depuis le refus, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au bénéfice de Me Orhant, d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat et, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à son bénéfice sur le fondement de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence à suspendre la décision contestée est caractérisée dès lors qu'elle est toujours en cours de demande d'asile, qu'elle ne dispose d'aucune ressource, qu'elle souffre d'un diabète qui nécessite un suivi régulier à l'hôpital ainsi qu'un traitement médicamenteux quotidien ;
- la décision est entachée d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors qu'elle est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où elle n'a pas bénéficié d'un entretien sur sa vulnérabilité, et d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où elle entraine des conséquences d'une gravité excessive sur sa situation personnelle compte tenu de sa vulnérabilité liée à sa pathologie.
Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conditions d'urgence et de doute sérieux quant à la légalité de la décision ne sont pas remplies.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 18 décembre 2023 sous le n° 2328843, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 9 janvier 2024 le rapport de M. Delesalle.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sri-lankaise née le 31 août 1966 et entrée en France le 23 mars 2023, a présenté une demande d'asile le 20 avril 2023 et a sollicité auprès de l'OFII le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Cette demande a été rejetée par une décision du 25 avril 2023 du directeur territorial de l'OFII de Paris, contre laquelle elle a formé un recours administratif préalable obligatoire qui a lui-même été rejeté par une décision du 19 octobre 2023. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des deux moyens invoqués par la requérante n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'examiner la condition relative à l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension de la requête de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Orhant.
Fait à Paris, le 9 janvier 2024.
Le juge des référés,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3