vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2329016 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CARRILLO CRUZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 19 décembre 2023, 10 et 16 janvier 2024, M. A, représenté par Me Carrillo Cruz, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui attribuer un rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il tente depuis le mois de mars 2022 d'obtenir un rendez-vous afin de renouveler son titre de séjour et son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour est arrivé à expiration le 17 novembre 2022 sans qu'il ait pu obtenir son renouvellement ;
- il ne peut donc justifier de sa situation au regard du séjour auprès des autorités administratives ;
- il a perdu son emploi le 10 janvier 2024 en raison de sa situation irrégulière.
Sur l'utilité de la demande :
- il a tenté sans succès de renouveler son titre de séjour et d'obtenir le renouvellement de son récépissé afin de pouvoir obtenir une autorisation de travail ;
- en s'abstenant de lui délivrer ce récépissé, le préfet de police place le requérant dans une situation de précarité qui nécessite l'intervention du juge.
Sur l'absence d'obstacle :
- une décision du juge ne fera obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant vénézuélien, né le 3 juillet 1985, a obtenu un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " valable du 21 mai 2021 au 20 mai 2022. M. A demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui accorder un rendez-vous afin de procéder au dépôt de sa demande de changement de statut vers un titre de séjour portant la mention " salarié ".
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
Sur les conclusions portant sur la délivrance d'un rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut :
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel ce rendez-vous doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. M. A a été mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", valable jusqu'au 20 mai 2022, et d'un récépissé de renouvellement de son titre de séjour valable jusqu'au 17 novembre 2022. Il résulte de l'instruction que sa demande de titre de séjour a été clôturée le 6 avril 2023 en l'absence de transmission des pièces complémentaires demandées par les services de la préfecture de police dans le délai imparti, en l'espèce de l'autorisation de travail. Au soutien de ses conclusions, le requérant fait valoir qu'il a perdu son emploi du fait de l'irrégularité de sa situation administrative et qu'il tente depuis le mois de mars 2022 de régulariser sa situation. En outre, il affirme qu'il a tenté à plusieurs reprises de prendre rendez-vous, via le site internet de la préfecture de police, pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour mais en vain. Toutefois, les justificatifs produits par ses soins, consistant en des captures d'écran comportant des demandes de renouvellement de récépissé, antérieures au 6 avril 2023, date à laquelle son dossier a été classé sans suite par les services de la préfecture, et la production d'un seul courrier de demande de récépissé adressé le 12 avril 2023 à la préfecture de police, sont insuffisants pour démontrer le caractère vain de ses tentatives de prise de rendez-vous. Ainsi, les conditions d'urgence et d'utilité, qui doivent s'apprécier globalement et objectivement, ne peuvent, au cas d'espèce, être considérées, à la date de la présente ordonnance, comme établies. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte de M. A présentées à ce titre ainsi que les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 23 février 2024.
La juge des référés,
A. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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