LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2329576

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2329576

vendredi 12 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2329576
TypeDécision
Avocat requérantBELYALETDINOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Belyaletdinova, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet de police refusant d'enregistrer sa demande d'asile selon la procédure normale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de la rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

4°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer, à titre provisoire, une attestation de demande d'asile dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

5°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat ou de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui sera versée à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme B soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est mère isolée d'un enfant en bas âge et se trouve en situation de grande précarité ;

- en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

*s'agissant de la décision du préfet de police :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la seule convocation à laquelle la requérante ne s'est pas rendue est celle du 2 juin 2023 et qu'elle a, ce jour, consulté en urgence un médecin pour des douleurs très vives au niveau des poignets ;

- elle porte atteinte au droit d'asile.

*s'agissant de la décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle a été prise sans appréciation de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 11 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition de l'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de sa décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Mme Weidenfeld, présidente de section, a été désignée par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.

Au cours de l'audience publique du 11 janvier 2024, tenue en présence de Mme Cardon, greffière, Mme Weidenfeld a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Belyaletdinova, représentant la requérante, qui a confirmé que Mme B bénéficiait d'un hébergement, et de Me Faugeras, représentant le préfet de police.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante angolaise née le 12 mai 1987, a présenté sa demande d'asile en France auprès de la préfecture de police le 7 novembre 2022 et a fait l'objet d'un arrêté préfectoral de transfert aux autorités allemandes le 9 janvier 2023. Ne s'étant pas présentée à l'enregistrement d'un vol à destination de l'Allemagne le 2 juin 2023, la requérante a été déclarée en fuite dans le cadre de la procédure Dublin. Le 7 juin 2023, les services de la préfecture de police ont, en conséquence, refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale. Par ailleurs, par une décision du 26 juillet 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé la cessation des conditions matérielles d'accueil. Par un courrier du 23 août 2023, la requérante a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Le silence gardé par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur cette demande a fait naître une décision implicite de refus. Par la présente requête, Mme B demande la suspension de l'exécution de ces deux décisions.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne le refus d'enregistrement de la demande d'asile :

4. D'une part, la requérante n'apporte aucun élément quant aux conséquences pour sa situation personnelle du refus, par la France, d'enregistrer sa demande d'asile, alors que l'Allemagne est responsable de l'examen de sa situation. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie s'agissant de cette décision.

5. D'autre part, en l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête n'est susceptible de faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

En ce qui concerne le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil :

6. D'une part, il n'est pas contesté que la requérante bénéficie d'un hébergement et d'une prise en charge pour elle et son fils né le 8 avril 2023. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, et quand bien même le terme de cette assistance serait indéterminé, la condition d'urgence ne peut, à la date de la présente ordonnance, être tenue pour satisfaite.

7. D'autre part, en l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête n'est susceptible de faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de suspension et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et de frais de justice doivent être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de police, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Belyaletdinova.

Fait à Paris, le 12 janvier 2024

La juge des référés,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2329576/6

← Retour aux décisions