mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2329744 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023, l'établissement public Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine également, représenté par le directeur général délégué en charge de la direction territoriale de Paris, et par Me Vandepoorter, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai, de tous les occupants sans droit ni titre du terrain situé port de la Rapée dans le 12ème arrondissement de Paris, ainsi que l'évacuation à leurs frais et risques de l'ensembles des biens qui leur appartiennent ;
2°) d'autoriser, passé ce délai, à procéder à l'expulsion des occupants et à l'évacuation, à leurs frais et risques, de l'ensemble des biens qui leur appartiennent, au besoin avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître des litiges relatifs à l'expulsion d'un occupant irrégulier du domaine public ;
- la requête est recevable ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que les personnes qui occupent la dépendance du domaine public qu'il gère n'ont pour cette occupation ni droit ni titre ;
- la mesure d'expulsion est utile ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'occupation irrégulière du Port de la Rapée compromet le fonctionnement du service public dont il a la charge, la bonne conservation du domaine public et représente un risque pour la sécurité des occupants sans droit ni titre du domaine public.
La requête a été communiquée, par la voie administrative le 4 janvier 2024, aux occupants du domaine public fluvial, dont aucun n'a présenté d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simonnot, président de chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Guillou, greffière d'audience, M. Simonnot a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Malbete, représentant l'établissement Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de tous les occupants sans droit ni titre, du terrain situé port de la Rapée dans le 12ème arrondissement de Paris.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
3. Il résulte de l'instruction, et, notamment, du constat effectué le 5 décembre 2023 par un commissaire de justice, commis par Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, qu'un campement composé d'environs 25 tentes et de plusieurs installations de fortunes est illégalement installé sous le pont Charles de Gaulle, port de la Rapée. En outre, il ressort de ce même constat, en particulier des photos prises par l'officier public ministériel, que le campement est jonché de déchets et qu'il ne comporte pas d'accès direct à des installations sanitaires. Il résulte également des pièces du dossier que des feux seraient allumés sous le pont Charles de Gaulle, qui constitueraient un risque d'incendie. Ainsi, eu égard aux risques pour la salubrité publique et pour la sécurité des occupants et des usagers du domaine public fluvial, le caractère utile et urgent de l'expulsion immédiate des tous occupants est établi.
4. Il résulte de l'instruction que les occupants ne disposent d'aucun titre pour occuper le domaine public fluvial, de sorte que la mesure d'expulsion demandée par le Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à tous les occupants de libérer, sans délai, le terrain situé port de la Rapée dans le 12ème arrondissement de Paris. En outre, il y a lieu d'autoriser le Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine à procéder à leur expulsion ainsi qu'à celle de leurs biens mobiliers se trouvant sur les lieux, aux frais, risques et périls des intéressés.
6. En revanche il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser le requérant à demander le concours de la force publique pour l'exécution de la présente ordonnance. Les conclusions présentées à cette fin sont, par suite, irrecevables. Il appartiendra, s'il y a lieu, au Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine de demander directement le concours de la force publique.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint aux occupants de libérer sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance, le terrain qu'ils occupent sans droit ni titre au sein du port de la Rapée située dans le 12ème arrondissement de Paris.
Article 2 : Le Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine est autorisé à procéder à l'expulsion ainsi qu'au retrait des biens mobiliers se trouvant sur les lieux, aux frais et risques des intéressés.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au le Grand port fluvio-maritime de l'axe Seine et aux occupants sans droit ni titre du domaine public fluvial.
Fait à Paris, le 16 janvier 2024.
Le juge des référés,
J.-F. SIMONNOT La greffière,
A. GUILLOU
La République mande et ordonne au préfet de police, au ministre chargé des transports, au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, chacun en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2329744 /4-3