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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2329765

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2329765

lundi 22 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2329765
TypeDécision
Formation6e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantDIALLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 décembre 2023, M. D C représenté par Me Diallo, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 du préfet de police en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays a destination duquel il pourra être éloigné ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une " attestation de maintien " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Diallo d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit à être entendu, garanti par les stipulations de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 a été méconnu ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions du 2° du b) de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée par la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant son pays de destination viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- il y a lieu de substituer le motif tiré de ce que M. C ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français en raison du rejet pour irrecevabilité de sa demande de réexamen de sa demande d'asile en application des dispositions du b) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif initialement retenu en application des dispositions du b) du 2° de ce même article, tiré de ce que son droit à se maintenir sur le territoire avait pris fin à la suite de l'introduction d'une première demande de réexamen uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement, rejetée par l'OFPRA comme irrecevable ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delesalle, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delesalle a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant malien né le 6 avril 1986 et entré en France le 8 janvier 2020 selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 15 juillet 2021, contre laquelle il a formé un recours qui a été rejeté par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile le 13 juillet 2022. Il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile, lequel a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité prise par l'OFPRA le 6 octobre 2023 contre laquelle il a formé un recours qui a été rejeté par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 4 janvier 2024, notifiée le 14 janvier 2024. Par un arrêté du 21 décembre 2023, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a donné un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. C demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-01464 du 29 novembre 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de Paris du même jour, le préfet de police a donné à M. B A délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier que ces dernières n'auraient pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose suffisamment les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour obliger M. C à quitter le territoire français. Par suite, la décision satisfait à l'exigence de motivation prévue par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, M. C, dont la demande d'asile et la demande de réexamen de cette demande ont fait l'objet de décisions de rejet par l'OFPRA notamment, ne pouvait ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement par les autorités compétentes. Il n'établit pas qu'il aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ou qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit prise la mesure d'éloignement attaquée, et n'allègue pas qu'il aurait disposé d'autres informations tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise à son encontre cette mesure et qui, si elles avaient été communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de celle-ci. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu tel qu'il découle des principes généraux du droit de l'Union européenne, auxquels se réfère la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ".

7. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". En vertu de l'article L. 521-4 du même code, lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile, laquelle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2. Aux termes de l'article L. 541-2 de ce code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce même code, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 du code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; / () / 2° Lorsque le demandeur : / () / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ; / () ". En vertu du 3° de l'article L. 531-32, l'OFPRA peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, en cas de demande de réexamen lorsque, à l'issue d'un examen préliminaire effectué selon la procédure définie à l'article L. 531-42, il apparaît que cette demande ne répond pas aux conditions prévues au même article. Enfin, en vertu de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé.

8. D'une part, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait de la base " Telemofpra " produit par le préfet de police, qu'à la suite du rejet sa demande d'asile, M. C a présenté le 4 octobre 2023 une demande de réexamen qui a été rejetée pour irrecevabilité, faute de satisfaire aux conditions prévues par l'article L. 531-42 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par une décision du directeur général de l'OFPRA du 6 octobre 2023, notifiée le 16 octobre suivant, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contre laquelle il a d'ailleurs formé un recours qui a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 4 janvier 2024, notifiée le 16 janvier 2024. S'il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour obliger M. C à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police s'est fondé sur le motif tiré de ce que son droit à se maintenir sur le territoire français avait pris fin en vertu des dispositions du b) du 2° de l'article L. 542-2 du même code dès lors que sa demande de réexamen avait été introduite uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement, il y a lieu de substituer à ce motif erroné celui tiré de ce que son droit au maintien sur le territoire a pris fin en vertu des dispositions du b) du 1° du même article L. 542-2 à la suite de la décision d'irrecevabilité prise par le directeur général de l'OFPRA en application du 3° de l'article L. 531-32, dès lors qu'un tel motif est de nature à fonder légalement la décision et qu'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur celui-ci, sans que le requérant ne soit privé d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

10. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le préfet de police pouvait sans commettre d'erreur de droit édicter à l'encontre de M. C une obligation de quitter le territoire français en vertu des dispositions combinées de l'article L. 542-1 et du b) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son droit au séjour avait pris fin dès le 6 octobre 2023, date du rejet par le directeur général de l'OFPRA de la demande de réexamen de sa demande d'asile en raison de son irrecevabilité, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il ait introduit un recours qui était encore pendant devant la Cour nationale du droit d'asile à la date de l'arrêté. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles du b) du 2° de l'article L. 542-2 du même code doivent être écartés.

11. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet de police se serait estimé lié par la décision de rejet du directeur général de l'OFPRA de la demande de réexamen de la demande d'asile présentée par M. C. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Si M. C allègue avoir noué des " relations amicales sociales et humaines " en France où il réside depuis 2020, il n'apporte aucun élément de nature à l'établir la teneur et la réalité de ces liens et de son insertion sociale sur le territoire français où il n'était présent que depuis moins de quatre ans à la date de l'arrêté, après avoir vécu trente-trois ans dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination a été signée par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.

15. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, elle indique que M. C est de nationalité malienne et qu'il n'établit pas être exposé à des risques en cas de retour dans son pays d'origine, ou dans le pays pour lequel il établit être légalement admissible. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

17. Si M. C, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée, allègue que sa sécurité est en danger en cas de retour au Mali en faisant état d'un différend lié à sa spoliation par son frère des terres héritées de son père et à ses tentatives de les récupérer auprès d'un tiers les ayant rachetées, il n'apporte toutefois aucun élément de nature à établir la réalité des risques auxquels il serait actuellement et personnellement exposé. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. En dernier lieu, aux termes des stipulations du premier paragraphe de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ".

19. Compte tenu de ce qui a été exposé au point 17, M. C n'est pas fondé à se prévaloir, en tout état de cause, de la qualité de réfugié. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 33 de la convention de Genève doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 21 décembre 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au préfet de police et à Me Diallo.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2024.

Le magistrat désigné,

H. Delesalle

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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