mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2329887 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | BOIDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 décembre 2023 et le 1er février 2024, M. C A, en sa qualité de mandataire de la liste de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône et Mme B D, représentés par Me Boidin, demandent au tribunal :
1°) de juger valable la candidature de Mme D présentée par la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône en section Encadrement, Conseil des Prud'hommes de Marseille ;
2°) de juger que Mme D doit figurer sur l'arrêté du 12 décembre 2023 du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion portant nomination complémentaire de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025 et que les ministres doivent rectifier cet arrêté pour l'y faire apparaître ;
3°) d'assortir la décision de l'exécution provisoire ;
4°) de condamner l'Etat aux dépens de l'instance.
Ils soutiennent que les ministres ne pouvaient refuser de procéder à la nomination du candidat dès lors que celui-ci respectait les conditions fixées à cet effet.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2024, le ministre de la justice conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, subsidiairement, à son rejet au fond.
Il soutient que :
- la requête est tardive et ne comporte l'énoncé d'aucun moyen ;
- en tout état de cause, la candidate ne pouvait être nommée dès lors que son siège doit être réattribué à une autre organisation professionnelle et que l'arrêté du 14 mars 2022 portant attribution des sièges de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025 est, dans cette mesure, dans sa version applicable au présent litige, illégal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- l'arrêté du 14 mars 2022 portant attribution des sièges de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marthinet,
- les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique,
- et les observations de Me Prigent, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté conjoint du 12 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, et le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion ont procédé à la nomination complémentaire de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025. Mme B D, candidate sur la liste de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône, et M. C A, mandataire de cette liste, doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le nom de Mme D n'y figure pas et d'enjoindre aux ministres de procéder à sa nomination.
2. Aux termes de l'article L. 1441-4 du code du travail : " Le garde des sceaux, ministre de la justice, et le ministre chargé du travail arrêtent le nombre de sièges attribués pour la durée du mandat aux organisations syndicales et professionnelles par conseil de prud'hommes, collège et section, en fonction du nombre de conseillers défini à l'article L. 1423-2 et, pour les organisations syndicales de salariés, des suffrages obtenus au niveau départemental par chaque organisation dans le cadre de la mesure de l'audience définie au 5° de l'article L. 2121-1 ; pour les organisations professionnelles d'employeurs, l'audience patronale prévue au 6° de l'article L. 2151-1 déterminée au niveau national / Pour l'appréciation de l'audience patronale, sont pris en compte, chacun à hauteur de 50 %, le nombre des entreprises qui emploient au moins un salarié adhérentes à des organisations professionnelles d'employeurs et le nombre de salariés employés par ces mêmes entreprises () ". Aux termes de l'article L.2151-1 du même code : " I.-La représentativité des organisations professionnelles d'employeurs est déterminée d'après les critères cumulatifs suivants : / 6° L'audience, qui se mesure en fonction du nombre d'entreprises volontairement adhérentes ou de leurs salariés soumis au régime français de sécurité sociale et, selon les niveaux de négociation, en application du 3° des articles L. 2152-1 ou L. 2152-4 () ". Aux termes, enfin, de l'article R. 1441-2 du même code : " En application de l'article L. 1441-4, les sièges sont attribués aux organisations syndicales et professionnelles par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé du travail publié au Journal officiel de la République française () ".
3. M. A et Mme D soutiennent que cette dernière respectait toutes les conditions pour être nommée sur un siège de conseiller prud'hommes vacant et attribué à la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône par l'arrêté du 14 mars 2022 portant attribution des sièges de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025.
4. Cependant, ainsi que le fait valoir le garde des sceaux, ministre de la justice, la cour administrative d'appel de Paris a, par un arrêt n°s 22PA00280, 22PA00294 du 5 décembre 2022, annulé l'article 2 de l'arrêté de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 18 novembre 2021 fixant la liste des organisations professionnelles d'employeurs reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel, pour l'opposition à l'extension des accords collectifs prévue par l'article L. 2261-19 du code du travail. Pour prendre cette décision, la cour s'est fondée sur l'erreur dont est entachée la mesure de l'audience patronale ayant servi de fondement à la détermination des poids respectifs des organisations représentatives au niveau national et interprofessionnel. Or c'est sur le fondement de cette même mesure d'audience qu'a été arrêtée, dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué, la répartition, entre les organisations professionnelles d'employeurs, des sièges de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025.
5. Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait valoir, sans être contredit, que cette erreur a conduit à l'attribution à la Confédération des petites et moyennes entreprises, par l'arrêté du 14 mars 2022 susvisé, d'un excédent de 65 sièges, dont celui sur lequel aurait dû être nommée Mme D. Il en résulte que cet arrêté est, dans cette mesure et dans sa version applicable au présent litige, illégal. C'est donc à bon droit que le garde des sceaux, ministre de la justice, et le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ont écarté l'application pour refuser d'inscrire le nom de Mme D à l'arrêté du 12 décembre 2023 portant nomination complémentaire de conseillers prud'hommes pour le mandat prud'homal 2023-2025.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que ces mêmes ministres ont commis une erreur en omettant de procéder à la nomination de la dernière nommée. La requête de M. A et Mme D doit, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, premier dénommé, en sa qualité de représentant unique des requérants, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- M. Marthinet, premier conseiller,
- Mme Marcus, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,
L. Marthinet
La présidente,
P. Bailly Le greffier,
Y. Fadel
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609180
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que la déclaration de candidature, bien que déposée par courriel avant l'heure limite, n'avait été effectivement reçue et enregistrée par le consulat qu'après cette échéance, constituant ainsi un dépôt hors délai. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui fixe les conditions et délais de dépôt des candidatures.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609330
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que l'ambassadeur, en situation de compétence liée par la loi du 22 juillet 2013, devait refuser le récépissé définitif car la déclaration de candidature, déposée après l'heure limite locale (18h) et incomplète, ne satisfaisait pas aux conditions impératives de l'article 19 de cette loi. Les moyens invoqués par la requérante, notamment sur la confusion horaire ou les circonstances exceptionnelles, n'ont pas été retenus comme de nature à affecter cette appréciation légale.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger en Algérie. Le tribunal a jugé que le consul général, agissant en situation de compétence liée, devait légalement refuser l'enregistrement car le dossier complet et conforme a été reçu après l'heure limite de dépôt fixée à 18h par l'article 19 de la loi du 22 juillet 2013. Les moyens invoqués par le requérant, notamment une erreur matérielle dans l'envoi, n'ont pas été retenus pour faire échec à cette obligation de rejet.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609178
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en plein contentieux visant l'annulation du refus d'enregistrement d'une liste candidate aux élections des conseillers des Français de l'étranger pour la circonscription de Monaco. Le tribunal a annulé la décision du chef de poste consulaire, considérant que ce dernier avait excédé son pouvoir de contrôle en vérifiant des conditions non prévues par la loi, telle que l'inscription sur la liste électorale consulaire. La décision s'appuie sur l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui limite strictement les motifs de refus d'enregistrement d'une candidature.
28/03/2026