LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2400118

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2400118

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2400118
TypeDécision
Avocat requérantTHECAB.AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2024 et un mémoire, enregistré le 19 janvier 2024, la société Decy Communication, représentée par Me Maniez, demande au juge du référé fiscal, statuant en application de l'article L. 279 du livre des procédures fiscales :

1°) de dire que les garanties qu'elle a proposées le 24 novembre 2023 à l'appui de sa demande de sursis de paiement sont propres à assurer le recouvrement de la créance du Trésor public qui s'élève à la somme de 263 398 euros au titre des droits à garantir et d'annuler la décision du 14 décembre 2023 du SIE Paris 1E-2E refusant d'accepter le nantissement de son fonds de commerce à titre de garantie ;

2°) d'ordonner la restitution immédiate de la consignation à laquelle elle a procédé pour 26 339 euros.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le mémoire en défense de l'administration est tardif ;

- dans ses échanges avec l'administration, celle-ci n'a jamais demandé à la société une quelconque pièce lui permettant de déterminer la valorisation de son fonds de commerce et n'a jamais critiqué l'évaluation du fonds de commerce ;

- elle justifie de la valorisation de son fonds de commerce par la production d'une évaluation détaillée effectuée par un expert-comptable, de ses comptes annuels qui ont servi de base à cette évaluation et d'un état d'endettement qui révèle que son fonds est libre de tout nantissement ou inscription ;

-les arguments de l'administration à l'encontre de l'évaluation du fonds de commerce sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les éléments apportés par la société requérante ne permettent pas de tenir pour établie la pérennité de la valeur du fonds de commerce proposé en nantissement.

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la recevabilité du mémoire en défense :

1. Les délais accordés à une partie par le greffe du tribunal pour la production d'un mémoire revêtant un caractère indicatif, le non-respect par l'administration fiscale du délai de sept jours qui lui avait été prescrit est sans incidence. Dès lors, la société requérante ne peut pas prétendre à ce que le mémoire en défense soit écarté des débats.

Sur les conclusions présentées en application de l'article L.277 du livre des procédures fiscales :

2. L'article L. 277 du livre des procédures fiscales dispose que : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. Lorsque la réclamation mentionnée au premier alinéa porte sur un montant de droits supérieur à celui fixé par décret, le débiteur doit constituer des garanties portant sur le montant des droits contestés () " . L'article L. 279 du même livre prévoit que : " En matière d'impôts directs et de taxes sur le chiffre d'affaires, lorsque les garanties offertes par le contribuable ont été refusées, celui-ci peut, dans les quinze jours de la réception de la lettre recommandée qui lui a été adressée par le comptable, porter la contestation, par simple demande écrite, devant le juge du référé administratif (). Le juge du référé décide dans le délai d'un mois si les garanties offertes répondent aux conditions prévues à l'article L. 277 et si, de ce fait, elles doivent être ou non acceptées par le comptable. Il peut également, dans le même délai, décider de dispenser le redevable de garanties autres que celles déjà constituées. () ". Enfin, l'article R. 277-1 du même livre dispose que : " () Ces garanties peuvent être constituées par un versement en espèces qui sera effectué à un compte d'attente au Trésor, par des créances sur le Trésor, par la présentation d'une caution, par des valeurs mobilières, des marchandises déposées dans des magasins agréés par l'Etat et faisant l'objet d'un warrant endossé à l'ordre du Trésor, par des affectations hypothécaires, par des nantissements de fonds de commerce. () ".

3. Les garanties proposées par le contribuable doivent présenter un degré de sécurité et de disponibilité suffisant pour permettre au Trésor d'exercer ses droits de préférence, de rétention et de suite. Il appartient ainsi au juge du référé de dire dans quelle mesure la garantie proposée par le contribuable, qui souhaite différer le paiement des impositions qu'il conteste durant l'instruction de sa réclamation et éventuellement jusqu'au jugement, est susceptible d'assurer, dans des conditions de sécurité et de disponibilité satisfaisantes, le recouvrement de l'imposition contestée. Il appartient au contribuable d'apporter les éléments nécessaires à l'appréciation de la valeur des garanties offertes.

4. Aux termes de l'article L. 142-2 du code de commerce, reprenant les dispositions de l'article 9 de la loi du 17 mars 1909 relative à la vente et au nantissement du fonds de commerce : "Sont seuls susceptibles d'être compris dans le nantissement soumis aux dispositions du présent chapitre comme faisant partie d'un fonds de commerce : l'enseigne et le nom commercial, le droit au bail, la clientèle et l'achalandage, le mobilier commercial, le matériel ou l'outillage servant à l'exploitation du fonds, les brevets d'invention, les licences, les marques, les dessins et modèles industriels, et généralement les droits de propriété intellectuelle qui y sont attachés () A défaut de désignation expresse et précise dans l'acte qui le constitue, le nantissement ne comprend que l'enseigne et le nom commercial, le droit au bail, la clientèle et l'achalandage. Si le nantissement porte sur un fonds de commerce et ses succursales, celles-ci doivent être désignées par l'indication précise de leur siège".

5. En l'espèce, par courrier du 14 décembre 2023, la société Decy Communication a proposé au titre des garanties propres à assurer le recouvrement de la créance du Trésor public qui s'élève à la somme de 263 398 euros, le nantissement de son fonds de commerce qui a été évalué par le cabinet d'expertise comptable Alpha-compta à la somme de 370 000 euros. L'évaluation ayant été effectuée à partir des données comptables 2019-2022 de l'entreprise en se basant sur la méthode de la valeur patrimoniale de l'entreprise (637 117€) diminuée des fonds propres (266 981€). Le rapport d'évaluation expose les méthodes de calcul retenues. Toutefois, la société requérante ne fournit aucune évaluation des divers éléments de ce fonds susceptibles d'être pris en compte pour son nantissement en vertu de l'article L. 142-2 du code de commerce alors que l'administration relève que la société étant domiciliée dans une entreprise de domiciliation, elle ne dispose d'aucun élément corporel, que les éléments incorporels sont, en outre, réduits dès lors qu'elle exerce une activité de relations publiques et communication et enfin que son capital social est insignifiant s'élevant à 1 800 euros et alors qu'aucune valeur du fonds de commerce n'est portée à l'actif.

6. Il résulte de ce qui précède que le nantissement ainsi proposé par la société requérante qui porte sur une évaluation générale du fonds de commerce et ne met en exergue aucun élément particulier du fonds de commerce qui lui confèrerait une valeur pérenne, ne présente pas un degré de sécurité et de disponibilité suffisant et n'atteste pas davantage de la pérennité de la valeur de ce fonds de commerce. Dès lors, cette offre ne peut pas être considérée comme une garantie suffisante pour assurer le recouvrement de la créance fiscale détenue par le Trésor public. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a refusé la garantie proposée par la société Decy Communication. Ses conclusions tendant à ce que cette garantie soit considérée comme suffisante et celles sollicitant l'annulation de la décision du 14 décembre 2023 du SIE Paris 1E-2E refusant d'accepter le nantissement de son fonds de commerce à titre de garantie doivent donc être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Decy communication est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Decy communication et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris (division du recouvrement).

Fait à Paris, le 29 janvier 2024 .

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions