mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2400453 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 5 janvier, le 30 octobre et le 27 novembre 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'ordonner une expertise ;
2°) de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation de son préjudice.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 juin et le 7 novembre 2024, la ville de Paris, représentée par Me Tamburini-Bonnefoy, conclut, à titre principal, au rejet de la requête pour tardiveté, à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête, à titre infiniment subsidiaire à ce qu'une expertise soit ordonnée et, enfin, à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 5° ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-7 du code de la santé publique : " La commission peut être saisie par toute personne s'estimant victime d'un dommage imputable à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins () La saisine de la commission suspend les délais de prescription et de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure prévue par le présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 1142-13 du code de la santé publique " La demande en vue de l'indemnisation d'un dommage imputable à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins ou réalisé dans le cadre d'une recherche impliquant la personne humaine est présentée à la commission dans le ressort de laquelle a été effectué l'acte en cause. () La demande est présentée au moyen d'un formulaire conforme au modèle approuvé par le conseil d'administration de l'office. / La demande est envoyée à la commission par lettre recommandée avec accusé de réception ou déposée auprès du secrétariat de la commission contre récépissé. / Elle est accompagnée de pièces justificatives dont la liste, fixée par arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l'office, est reproduite dans le formulaire ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l'article 44 du présent décret, lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai () ".
5. Il résulte de l'instruction que la décision du 7 septembre 2023 par laquelle la ville de Paris a opposé un refus à la demande d'indemnisation présentée par M. A a été reçue par ce dernier le 13 septembre 2023. Cette notification comportait la mention des voies et délais de recours. Il résulte également de l'instruction que M. A n'a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation dans les formes prévues par les dispositions précitées de l'article R. 1142-13 du code de la santé publique que le 19 décembre 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux. La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A le 27 novembre 2023 n'a pas davantage pu avoir pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux dès lors qu'elle est également intervenue après l'expiration de ce délai. La requête enregistrée le 5 janvier 2024 au greffe du tribunal et dirigée contre la décision du 7 septembre 2023 est, par suite, tardive.
6. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la ville de Paris tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la ville de Paris tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la ville de Paris.
Fait à Paris, le 11 décembre 2024.
La présidente de la 6ème section,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400453/6-1