lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2400548 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | MALIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2024, et des pièces, enregistrées le 14,19 et 25 janviers 2024, M. B C, représenté par Me Malik, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une date de rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de certificat de résidence algérien, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité dans laquelle il se trouve de pouvoir se connecter pour obtenir un rendez-vous depuis plus d'un mois rend sa situation précaire ;
- la demande est utile et constitue la seule voie de droit ;
- la demande est légitime et ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.
3. M. C, ressortissant algérien, né le 22 février 1969, fait valoir qu'il ne parvient pas à se connecter en ligne pour déposer sa demande de titre de séjour. Il demande à titre principal au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de de lui délivrer une date de rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de certificat de résidence algérien, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour.
4. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C, qui ne produit des tentatives de connexion restées vaines que depuis le 19 décembre 2023, est présent en France depuis le mois de juillet 2000 et a ainsi attendu plus de vingt-trois ans pour tenter de régulariser sa situation au regard du séjour. Il s'ensuit, alors que l'administration opère avec les moyens dont elle dispose, que M. C, dont il est constant qu'il travaille et que son emploi n'est, à ce stade, pas menacé du fait de sa situation, ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière qui démontrerait que la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée puisse être regardée comme remplie.
5. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Fait à Paris, le 29 janvier 2024.
La juge des référés,
V. D A.
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2400548/9