jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2400581 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 4e Section - R.222-13 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2024, Mme C B, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner l'État à l'indemniser en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) d'ordonner son relogement dans les meilleurs délais.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation de Paris du 4 novembre 2021 et que le tribunal de céans a enjoint à l'administration de procéder à son relogement par une ordonnance du 21 octobre 2022 ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région Ile-de-France, qui n'a pas produit d'observation.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été informées, par courrier du 1er aout 2024 en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur les moyens soulevés d'office tirés de la tardiveté de la requête, de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires dès lors que le montant des préjudices n'a pas été chiffré et enfin de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'Etat de prendre les mesures nécessaires pour qu'un logement lui soit attribué dès lors que de telles conclusions ne peuvent être présentées que dans le cadre du recours prévu par le I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et que Mme B a déjà exercé ce recours, qui a donné lieu à une ordonnance rendu le 5 aout 2022 par le tribunal de céans.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
M. A a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ".
2. En premier lieu, si Mme B a entendu demander au tribunal, par courrier daté du 4 janvier 2024 et enregistré au greffe du tribunal le 10 janvier 2024, de condamner l'État à l'indemniser en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement, ce courrier, au demeurant adressé au préfet de Paris, fait état d'une demande d'indemnisation qu'elle aurait adressée à l'administration le 21 octobre 2022 sans pour autant justifier de la réalité de sa demande préalable, ni évaluer le montant des préjudices dont elle réclame ainsi réparation et ce malgré la demande qui lui a été adressée en ce sens par le tribunal le 1er aout 2024.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que la requérante a été reconnue prioritaire et devant être logée en urgence par une décision de la commission de médiation du 4 novembre 2021. Ainsi qu'indiqué dans le même courrier adressé aux parties le 1er aout 2024, il n'appartient pas au juge, saisi de conclusions indemnitaires fondées sur la carence fautive de l'Etat à lui proposer un relogement conformément à la décision de la commission de médiation, de prononcer une nouvelle injonction, et ce en dépit de la persistance de la carence de l'Etat à la date à laquelle il statue. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées dans le cadre de la présente requête indemnitaire sont irrecevables et doivent être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B, qui est entachée d'irrecevabilité, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
J.P A
La greffière,
A. Chapalain
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3