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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2400673

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2400673

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2400673
TypeDécision
PublicationC
FormationSection 12 - Chambre 3 - OQTF 6 semaines
Avocat requérantBARBU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2024, M. C B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de douze mois.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mars 2024 :

- le rapport de Mme Dhiver,

- et les observations de Me Barbu, avocate de M. B, assisté de Mme A, interprète en langue haoussa.

A l'audience, M. B soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'ancienneté de son séjour en France et des difficultés qu'il rencontre pour trouver une activité salariée ;

- le procès-verbal d'audition dressé par les services de la police nationale contient des erreurs de fait ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale dès lors qu'il justifie de garanties de représentation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale dès lors qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant nigérien né le 2 février 1998, demande l'annulation de l'arrêté du 8 janvier 2024, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et de l'arrêté du même jour prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

3. L'arrêté du 8 janvier 2024 vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 4° de son article L. 611-1 dont il fait application. Cet arrêté mentionne la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 décembre 2020 rejetant la demande d'asile de M. B et celle de la Cour nationale du droit d'asile du 29 juillet 2021 confirmant cette décision. Il précise aussi les éléments de la situation personnelle de l'intéressé retenus par le préfet de police. Ainsi, la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, qui comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, satisfait l'exigence de motivation de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En deuxième lieu, à supposer même que le procès-verbal d'audition dressé par les services de la police nationale le 7 janvier 2023 comporterait des erreurs matérielles, cette circonstance est par elle-même sans influence sur la légalité de l'arrêté du préfet de police du 8 janvier 2024.

5. En dernier lieu, M. B ne démontre pas que le préfet de police se serait fondé sur des éléments erronés pour lui faire obligation de quitter le territoire français. En outre, il n'établit pas l'ancienneté de son séjour en France. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en obligeant M. B à quitter le territoire français.

Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

7. Si M. B soutient qu'il présente des garanties de représentation suffisantes, il n'apporte à l'audience aucun document d'identité en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise le 24 août 2021 par la préfète de la Gironde. Par suite, le préfet de police a pu à bon droit estimer qu'il existait un risque que M. B se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français et lui refuser, pour ce motif, l'octroi d'un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

8. Si M. B soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, il n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 8 janvier 2024, ni de la décision du même jour portant interdiction de retour sur le territoire.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

La magistrate désignée,

M. DhiverLa greffière,

I. Dorothée

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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