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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2400892

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2400892

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2400892
TypeOrdonnance
Avocat requérantOTTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de prendre toutes mesures de nature à faire cesser les atteintes manifestement graves et illégales portées à ses droits fondamentaux ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer en vue d'effectuer le renouvellement de son titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de la présente décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Ottou sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement s'il n'était pas admis à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence de sa situation est avérée dans la mesure où son contrat jeune majeur va expirer au 31 janvier 2024 avant qu'il obtienne un titre de séjour alors qu'il l'a demandé dans les délais ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté de travailler, à son droit à l'éducation et au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 2003, entré en France en 2018 selon ses dires, a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance à compter du 25 septembre 2019 puis a bénéficié d'un contrat jeune majeur. Inscrit en CAP mention " pressing " à compter de la rentrée scolaire 2021, il a obtenu une première carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " le 11 février 2022, pour une durée d'un an. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et a été placé sous différents récépissés, valables en dernier lieu jusqu'au 6 janvier 2024. Faisant valoir que les services de la préfecture de police ont procédé au classement sans suite de sa demande de renouvellement au motif que l'ensemble des procédures a été transféré sur la plateforme en ligne de l'Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) et qu'il ne lui a pas été possible de déposer son dossier sur cette même plateforme, M. B demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une convocation en vue d'effectuer le renouvellement de son titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque, notamment, la condition d'urgence n'est pas remplie.

3. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. En l'espèce, M. B fait valoir que l'impossibilité de présenter une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le site dédié de l'ANEF le prive de la possibilité d'obtenir une place dans un foyer de jeunes travailleurs et de rechercher activement un travail. Toutefois, d'une part, le requérant, qui n'a introduit sa requête que le 15 janvier 2024, soit plus de deux mois après le courriel de la préfecture de police du 6 novembre 2023 l'informant qu'elle avait procédé à la clôture de son dossier, ne démontre pas qu'il aurait alerté le préfet de police des difficultés qu'il rencontrait pour se diriger sur le site de l'ANEF. D'autre part, si M. B invoque la précarité de sa situation à compter du 31 janvier 2024, date de la fin de sa prise en charge dans le cadre du contrat jeune majeur, il n'établit pas être dans une situation d'urgence telle qu'elle appellerait une réponse du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dans un délai de quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et Me Alix Ottou.

Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 16 janvier 2024.

La juge des référés,

M. DHIVER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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