lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401107 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, M. B A, représenté par
Me Maëlle Vi Van, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de délivrance de titre de séjour dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " salarié " et l'autorisant à travailler le temps de l'instruction de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Maëlle Vi Van, cette dernière renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'Etat, ou à son seul bénéfice s'il n'était pas admis à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a demandé un rendez-vous le
18 avril 2023 sans réponse malgré ses relances, qu'il cherche à régulariser sa situation en faisant notamment valoir son insertion professionnelle et sera bientôt le père d'un enfant de nationalité française dont il devra subvenir aux besoins élémentaires, que sa formation et l'exécution de son contrat d'apprentissage ont été suspendues, qu'il est maintenu en situation irrégulière et ne peut ni circuler, ni voyager normalement ;
- la mesure demandée est utile dès lors que c'est la seule voie de droit ouverte ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hermann Jager pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 21 mars 1996, fait valoir qu'il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous auprès de la préfecture pour y déposer une demande de titre de séjour alors qu'il a régulièrement déposé son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour le 18 avril 2023. Au soutien de ses conclusions, M. A précise qu'il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, le 8 janvier 2013, en qualité de mineur non accompagné, qu'il a bénéficié d'un contrat jeune majeur jusqu'au 30 juin 2016, et avoir travaillé de manière déclarée à plusieurs reprises. Il ajoute qu'il est en cours de formation de technicien d'intervention en froid et cuisines professionnelles depuis la rentrée scolaire 2023/2024 et a conclu un contrat d'apprentissage avec la société Le Gallic, courant du 1er septembre 2023 au
30 juin 2025, et que son employeur menace de suspendre son contrat faute pour lui de justifier de la régularité de sa situation. Enfin, il indique qu'il sera prochainement le père d'un enfant français. M. A demande à titre principal au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de délivrance de titre de séjour dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " salarié " et l'autorisant à travailler le temps de l'instruction de son dossier.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.
4. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A, entré en France en 2013, n'a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation que neuf ans après sa majorité, et s'est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant toute cette période. Le requérant qui se borne, pour justifier de la seule urgence qu'il y aurait à obtenir une mesure du juge des référés, à affirmer qu'il est maintenu dans une situation précaire, risque de perdre son emploi et va être père d'un enfant français, ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.
5. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, qui n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Maëlle Vi Van.
Fait à Paris, le 29 janvier 2024.
La juge des référés,
V. Hermann Jager
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2/9