vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401199 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CHAPELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Chapelle, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de l'administration pénitentiaire instaurant à son encontre un régime dérogatoire de fouilles intégrales systématiques notifiée en janvier 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2401201 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, détenu au centre pénitentiaire de Paris La Santé, a fait l'objet les 20 avril, 5 juillet et 5 octobre 2023 de décisions instaurant un régime dérogatoire de fouilles intégrales. Il soutient que l'administration pénitentiaire lui a notifié en janvier 2024 une nouvelle décision instaurant un régime de fouilles dont il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
3. M. B allègue qu'une nouvelle décision instaurant un régime de fouilles intégrales lui a été notifiée en janvier 2024. S'il établit en avoir demandé copie à l'administration pénitentiaire, par l'intermédiaire de son conseil, les 11 et 16 janvier 2024, il ne résulte pas, en l'état de l'instruction, qu'une telle décision existe. Dès lors, et alors qu'au surcroît rien ne s'oppose à ce que l'intéressé, s'il s'y croit fondé, présente un référé mesure utile sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, les conclusions de M. B à fin de suspension doivent être regardées comme dirigées contre une décision inexistante et, par suite, manifestement irrecevables dans le cadre de la procédure de référé suspension prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Par suite, et sans qu'il y ait lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Chapelle.
Fait à Paris, le 26 janvier 2024.
Le juge des référés statuant en urgence,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401199/6