vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401315 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de 24 heures sous astreinte de 150 euros par jour de retard dans l'attente de la fabrication de sa carte de résident ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros, à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, en cas de rejet définitif de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la somme.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est constituée dès lors qu'il a introduit une demande en qualité de parent d'un enfant mineur réfugié le 11 septembre 2023, qu'il peut être éloigné à tout moment, qu'il est sans ressource et ne peut travailler ni introduire de demande de logement social.
Sur le doute sérieux :
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit, au regard de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, le préfet de police de Paris conclut au non-lieu à statuer, en faisant valoir que la demande de l'intéressé est en cours d'instruction, qu'il lui a été délivré une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 23 avril 2024 et qu'il est convoqué le 5 février 2024 en vue de la prise de ses empreintes digitales.
Par un mémoire enregistré le 25 janvier 2024, M. B déclare se désister de ses demandes principales mais maintient ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête enregistrée le 19 janvier 2024 sous le numéro 2401317/1 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Caillieu-Helaiem, greffière d'audience, M. Rohmer a présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est un ressortissant malien, né le 16 novembre 1983. Il est le père de Mme A B, née le 15 juillet 2022 à Aubervilliers (93300), qui a été reconnue réfugiée, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 16 août 2023. M. B a sollicité une carte de séjour, en qualité de parent de réfugié, le 11 septembre 2023 et s'est vu remettre un document de confirmation de dépôt d'une première demande de titre de séjour. Ce document énonce qu'il " ne constitue pas une preuve de régularité du séjour et ne permet pas l'ouverture de droits associés à un séjour régulier [et] n'autorise pas le franchissement des frontières de l'espace Schengen ".
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur le désistement :
3. A la suite du mémoire en défense, dans lequel le préfet de police a indiqué que la demande de l'intéressé était en cours d'instruction, qu'il lui a été délivrée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 23 avril 2024 et qu'il est convoqué le 5 février 2024 en vue de la prise de ses empreintes digitales, M. B a déclaré, par mémoire enregistré le 25 janvier 2024, se désister de ses conclusions présentées à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme demandée par le requérant en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B des conclusions de sa requête présentées aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : Le surplus de conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Hug et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 2 février 2024.
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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