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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2401354

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2401354

jeudi 25 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2401354
TypeOrdonnance
Avocat requérantSINGH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Singh, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521- 4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer la carte de séjour temporaire d'ores et déjà fabriquée et en attente de retrait, ou à défaut une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à temps plein, dans un délai de 24 heures compter de la notification de l'ordonnance à venir, et assortir cette injonction d'une astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, ou à lui verser directement en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

M. A soutient que l'ordonnance n°2319209/1 du 28 août 2023 n'a pas été exécutée, car il ne lui a été délivré qu'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 10 décembre 2023, non renouvelée, et s'il a été informé que son titre de séjour était disponible, il n'a pu avoir de rendez-vous pour le retirer que le 11 mars 2024. Or il a besoin de son titre de séjour pour bénéficier notamment de son logement étudiant et de sa bourse d'études.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n°2319209/1 du 28 août 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision.". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience publique lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il résulte de l'instruction que par une ordonnance n°2319209/1 du 28 août 2023, le juge des référés du tribunal de céans a suspendu l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant guinéen né le 7 septembre 2002, et a enjoint au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance. En exécution de cette ordonnance, le préfet de police a remis à M. A une autorisation provisoire de séjour valable du 11 septembre 2023 au 10 décembre 2023. Après plusieurs relances de sa part, M. A a été informé le 2 janvier 2024 par la préfecture de ce que son titre de séjour était fabriqué et pouvait être retiré. Si le requérant n'a pu obtenir un rendez-vous pour retirer son titre que pour le 11 mars 2024, la situation ainsi décrite ne caractérise ni une urgence justifiant que soient modifiées les mesures décidées par le juge des référés dans son ordonnance n°2319209/1 du 28 août 2023 dans le sens demandé par le requérant, ni une inexécution de celle-ci.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du requérant tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Singh.

Fait à Paris, le 25 janvier 2024.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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