jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401422 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Njifoutahouo-Wouochawouo, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance et de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dans la mesure où ses démarches en vue d'effectuer des actes de la vie courante sont compliquées et où il doit se rendre en Allemagne le 25 janvier 2024 et au Bénin le 27 janvier 2024 dans le cadre de ses activités de président de la fédération béninoise de football ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 24 janvier 2024 en présence de Mme Permalnaick, greffière d'audience, Mme Dhiver a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Njifoutahouo-Wouochawouo, avocat de M. B ;
- et les observations de Me Floret, avocate du préfet de police. Il soutient que M. B ne justifie pas du caractère impérieux de ses déplacements et qu'il s'est lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque en ne demandant pas le renouvellement du récépissé expiré depuis le 12 juin 2023.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au 24 janvier 2024 à 18 heures en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
M. B a présenté des pièces, qui ont été enregistrées le 24 janvier 2024 à 17 heures 22.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".
2. M. B, ressortissant béninois né le 9 novembre 1958, a été titulaire d'une carte de séjour portant la mention " visiteur " valable jusqu'au 11 juillet 2022, dont il a sollicité le renouvellement. M. B a été muni d'un récépissé de demande de carte de séjour qui a expiré le 12 juin 2023. Estimant que l'absence de renouvellement de ce récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. B a saisi juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en lui demandant d'enjoindre au préfet de police de renouveler son récépissé de demande de carte de séjour.
3. D'une part, si M. B invoque son droit au respect de sa vie privée et familiale, il ne fournit aucune précision ni sur la consistance de sa vie privée et familiale ni sur le lieu de ses attaches familiales, de sorte qu'il ne met pas le juge des référés à même d'apprécier la portée de l'atteinte faite à son droit au respect de sa vie privée et familiale. D'autre part, si M. B, qui exerce les fonctions de président de la fédération béninoise de football, fait état de ce qu'il doit se rendre à l'étranger dans le cadre de la coupe d'Afrique des nations qui se déroule actuellement, il résulte de l'instruction que le Benin n'a pas été qualifié pour disputer cette compétition. M. B ne justifie pas non plus que son déplacement prévu prochainement au Bénin serait impérieux et ne pourrait pas être reporté, ni, s'il entend se rendre au Bénin, qu'il aurait nécessairement besoin de revenir ensuite en France où il n'est pas autorisé à exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, alors que M. B a demandé le renouvellement d'un titre de séjour " visiteur ", le préfet de police, en omettant de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour, n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 25 janvier 2024.
La juge des référés,
M. DHIVER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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