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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2401496

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2401496

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2401496
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantROCHICCIOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier et le 15 mars 2024, M. D C, représenté par Me Rochiccioli, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de l'examen de sa demande, un récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français ;

2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- il justifie d'une situation d'urgence à voir le juge des référés ordonner les mesures demandées dès lors qu'il attend depuis dix mois d'être convoqué par la préfecture alors même qu'il justifie d'une solide insertion professionnelle en France et que ce retard met en péril le maintien de son activité professionnelle ;

- la mesure sollicitée est utile car elle constitue l'unique moyen d'obtenir un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour, étant dans l'impossibilité de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour malgré plusieurs relances par mail auprès de la préfecture pour obtenir ce rendez-vous ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.

3. M. C, ressortissant sénégalais, né le 25 mars 1995, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 9 mars 2023, en adressant un formulaire de demande accompagné de pièces justificatives sans obtenir de rendez-vous en retour de la part de l'administration.

M. C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et de lui remettre, dans l'attente de l'examen de sa demande, un récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français.

4. Pour justifier l'urgence de la situation, M. C se prévaut de sa résidence habituelle et continue en France depuis 2019 et qu'il justifie d'une insertion professionnelle solide, il résulte de l'instruction qu'il s'est toutefois maintenu en situation irrégulière sur le territoire français, nonobstant la circonstance qu'il a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles le 18 septembre 2019, qu'il n'a pas exécuté, et qu'il n'a entrepris aucune démarche en vue de régulariser sa situation pendant quatre ans. Il ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous et l'enregistrement de sa demande à bref délai. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.

4. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C, qui n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, en toutes ses conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C et à Me Vanina Rochiccioli.

Fait à Paris, le 8 avril 2024.

La juge des référés,

V. B A.

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N° 2316194

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